Accueil > 20. Repères > 30. Homélies > << Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère>>. Méditation du Samedi 29 Août 2009

« Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère »
Chers frères et sœurs, telle est la phrase qui a coûté la vie au « plus grand des enfants de l’homme ». Voilà le prix à payer quand on prend sur soi la décision de rendre témoignage à la vérité. Jean-Baptiste n’ignore guère cette sentence qui devra suivre sa décision de dénoncer le mal et de rendre témoignage à la vérité ; mais, cependant, il ne pouvait faire autrement. Car il y a au moins deux raisons fondamentales qui l’ont poussé à réagir : la première repose sur le 6ème et le 9ème commandement du décalogue ( Tu ne commettras pas l’adultère ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain) ; la deuxième est liée à sa mission-même qui est de rendre témoignage à Jésus, or ce dernier (Jésus) s’est déclaré être la Vérité. Alors nous comprenons que Jean-Baptiste, pour rester dans la ligne de sa mission ne pouvait pas ne pas dénoncer ce mal et rendre témoignage à la vérité et c’est le plus beau témoignage, le témoignage du martyr.
Dans l’évangile, ce sur quoi je voudrais attirer notre attention est le comportement de Hérode. Ayant été honoré par sa fille devant ses convives, il a décidé, sans mesurer la portée de sa parole, de donner à la fille tout ce qu’elle voudra ; même si c’est la moitié de son royaume. La fille, poussée par sa maman, a demandé la tête de Jean-Baptiste. L’évangile dit ceci : « le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. ». Notons bien ici, chers amis, que ce serment ne vaut que pour les autres et ne prend tout son sens que pour la gloire du roi lui-même. Car si la fille avait demandé la tête du roi ou de sa femme, elle ne l’aurait pas reçue. C’est donc pour son honneur et sa gloire qu’il n’a pas épargné la vie de l’innocent, celui-là qu’il reconnait être juste.
Aujourd’hui, chers frères et sœurs, l’Evangile nous interpelle sur l’égoïsme dans lequel nous nous enfermons et sur les vaines gloires que nous recherchons avidement. Le chrétien, en réalité, ne doit rechercher que la gloire de Dieu et en cela, Jean-Baptiste est un modèle parfait, lui qui affirme : « il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » (Jn3,27.30). C’est seulement en étant dans ces dispositions que nous pourrons rendre ce sublime témoignage qu’a rendu le baptiste. Or, pour nous, c’est un impératif.
Demandons au Seigneur de nous accorder la grâce de toujours rendre ce témoignage en dépit de tout.
Abbé René AGAINGLO