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Comme à l’accoutumée, les Sœurs de Saint Augustin du Bénin ont commencé par vivre la série de retraites qui marque la fin de chaque année pastorale.
En effet du 22 au 29 juillet 2010 dans notre Maison-Mère à Cotonou, Saint Michel, nous étions quatre-vingt-une religieuses à vivre la première retraite annuelle prêchée par le Révérend Père Clément Marie BONOU, Franciscain de l’Immaculée. Cette retraite a pour thème, le mot d’ordre de notre Supérieure Générale pour l’année pastorale 2009-2010 : « Je sais en qui j’ai mis ma Foi » 2Tm.1, 12.
Dès l’ouverture, après l’invocation du Saint-Esprit et le mot d’accueil de la Mère Marie Victoria DAGBA, le Prédicateur a énoncé le thème et nous a mises dans les conditions vitales d’une bonne retraite spirituelle. Sa prédication s’articulait autour de quatre points.
L’œuvre de Dieu en chacun de nous : Notre vocation ; mystère, vertu et don
Notre réponse à l’œuvre de Dieu en nous : Si Dieu agit en nous, nous devons répondre.
Les armes du combat que nous menons en nous-mêmes pour répondre à Dieu
Le cénacle : Marie, la première religieuse de Dieu. Modèle et protectrice de toute âme consacrée.
C’était l’occasion de prendre conscience de l’action de Dieu en nous, d’une manière personnelle et dans les autres, de découvrir le mystère de notre vocation religieuse qui est un don et non un droit. Nous sommes appelées à avoir des convictions personnelles comme l’apôtre, Saint Paul, savoir que c’est Dieu qui nous appelle et lui répondre en toute sincérité car Celui qui nous appelle veut notre collaboration d’où la vertu qui exige que le religieux ou la religieuse vive séparé(e) du monde, détaché(e) du monde, crucifié(e) pour le monde et absolument mort(e) au monde.
Ayant choisi de suivre le Christ, nous ne sommes pas à l’abri des assauts du mal. Le péché nous guette et handicape notre croissance. Pour ce qui est de notre vie religieuse, totalement donnée à Dieu, on peut spécifier trois catégories de péché : le péché véniel, le péché mortel et le péché du scandale ou du mauvais exemple. Notons que l’habitude du péché véniel conduit au péché mortel et le scandale éteint la grâce de Dieu dans le cœur des autres par notre faute ; puis les contre témoignages jouent beaucoup sur les vocations. Il faut la vigilance et penser aussi au jugement de Dieu. Nul ne peut y échapper. Saint Augustin nous le rappelle en ces termes : « on résiste au feu, à l’eau, à la puissance des princes. La mort vient, qui est-ce qui lui résiste ? » L’Ecriture Sainte en fait aussi mention. Cf. Jb. 14, 5 ; PS 48,1-21 ; He 9, 27 : Qo 11, 3. Ce sont des réalités qui nous échappent.
En réponse au choix de Dieu porté sur nous, les consacrés, nous avons donné notre réponse à travers nos vœux :
L’obéissance, l’holocauste de la volonté du religieux, est la structure essentielle de l’édifice de la vie religieuse. La vertu de l’obéissance soumet notre volonté à recevoir tous les ordres légitimes dans la foi et à les exécuter. L’esprit d’obéissance, un renforcement de la vertu, est l’expérience de la confiance et de l’espérance ; il pousse à l’allégresse pour découvrir la volonté de Dieu à travers l’ordre des Supérieurs dans la sérénité. L’obéissance a sa valeur dans son esprit. Elle nous met au service de Dieu : c’est l’oblation de la volonté du religieux à Dieu, aux âmes et à son Institut.
Dans notre vie religieuse, il existe plusieurs formes d’obéissance : l’obéissance routinière, l’obéissance savante, l’obéissance critique, l’obéissance momifiée et l’obéissance parfaite. Sainte Catherine de Sienne n’avait-elle pas raison de dire « ô ma fille bien aimée combien sont nombreux ceux qui vivent dans la barque de l’obéissance et combien sont rares ceux qui obéissent parfaitement ». La parfaite obéissance est caractérisée par le surnaturel (l’esprit de foi qui permet de voir Dieu à travers l’autorité), l’universalité (obéir à tous les Supérieurs sans restriction aucune), l’amour (l’amour de Dieu en nous nous aide à emprunter le chemin de la Vérité) et l’humilité (le socle de tout notre édifice, la vertu des Saints).
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La pauvreté, le rempart de notre vie religieuse, est une grande vertu. C’est le dépouillement total de Jésus qui est l’âme du religieux ou de la religieuse. Le jour de notre profession, nous avons épousé Dame Pauvreté ; et comme dans le mariage, elle apporte comme dot dans le foyer, la Paix du Royaume que nul ne peut nous procurer. Notre référence c’est la Pauvreté du Christ. « Né pauvre, il a vécu pauvre, est mort pauvre » Saint Bernard. Le principe de base de la Pauvreté évangélique est l’être et non l’avoir. Dieu est notre unique nécessaire (Mc.10, 29-30). La pauvreté permet au religieux d’avoir le cœur libre et détaché de tout, de se mortifier, pour mieux s’adonner à l’oraison, d’être humble, simple et de faire confiance en la Providence divine. La pauvreté religieuse n’est pas la misère, il ne faut donc pas l’ériger en système par souci d’économie sinon ce ne serait plus la vie religieuse mais l’enfer. Cependant, elle exige des sacrifices. Le sommet de la vraie pauvreté est l’esprit de détachement. Un détachement intérieur et effectif des choses et des personnes. Les choses à notre disposition nous servent ; mais s’y attacher fait obstacle à notre don à Dieu et le service des autres. Détachement de soi, des parents et même des Supérieurs (cultiver une maturité intérieure), vigilance dans la gestion de l’attachement aux personnes surtout aux enfants ; le détachement des choses et le détachement intérieur par rapport à l’argent, au savoir, au titre etc. Au regard de ce détachement, il ya des dangers qui nous guettent comme l’hypocrisie, la mauvaise gestion des dons, les visites qui perturbent la communauté… Tout en exigeant la pauvreté nous devons penser à notre responsabilité communautaire pour créer des conditions de vie communautaire pouvant favoriser le vécu normal du détachement en cherchant d’assurer aux membres de la communauté le minimum nécessaire.
La chasteté engage toute la personne quel que soit l’âge. Elle est aussi une grande vertu religieuse qui repose sur un triple fondement :
• Le fondement humain : le droit de Dieu sur sa créature ; le corps doit être traité avec soin et respect.
• Le fondement chrétien : la sainteté du corps car il est le temple de Dieu, une hostie vivante. Ce qui n’exclut pas les faiblesses intérieures.
• Le fondement religieux : don libre de notre cœur à Dieu.
La chasteté est une vertu qui demande chaque élément de notre être. Il y a la chasteté du corps, la chasteté de l’esprit, la chasteté de l’imagination, la chasteté de la langue, des oreilles, des yeux. C’est normal de sentir car nous ne sommes pas des pierres ; c’est consentir qui est péché. La chasteté est un don de Dieu. C’est pourquoi il nous faut demeurer dans la prière et la tempérance, les efforts dans le sacrifice et la mortification, la vigilance…
Notre réponse à Dieu est parfois falsifiée ou vidée de sens à cause de nos limites humaines. C’est un combat de tous les jours à mener.
Comme armes de combat nous avons à renforcer notre intimité avec Dieu à travers notre vie de prière ; retrouver la valeur et l’importance de la récitation de l’office divin. Saint Augustin nous rappelle que « …dans le Psautier Jésus continue à chanter et prier chaque jour avec nous ». Nourriture pour la prière personnelle et pour l’action apostolique, il est nécessaire de la faire avec dignité, attention et dévotion, de sorte que l’esprit s’accorde avec la voix.
Les autres armes de combat se retrouvent dans la vie communautaire bien vécue et la grâce de la persévérance. Les moyens de la persévérance se retrouvent dans la prière, surtout dans les moments de tentation, l’ouverture du cœur et l’amour de l’institut.
Marie, Mère de Dieu, première religieuse de Dieu, modèle et protectrice des âmes consacrées a clôturé les méditations. L’imitation de Marie soutient et protège notre vie de don total à Dieu.
Notons que deux grandes célébrations ont marqué ce temps de retraite : la liturgie de la vénération de la croix et la rénovation des vœux de vingt (20) Jeunes Professes.
Nous rendons grâce au Seigneur de nous avoir accordé ce temps de ressourcement spirituel. Les temps d’adoration personnelle journalière étaient des moments forts de rencontres personnelles avec le Christ, l’époux.
Merci à notre Père Prédicateur qui a su nous entretenir et à toutes les Sœurs pour les différents services sans oublier les Pères Barthélémy VIGAN, le P. Vincenzo FEBI, frère capucin ; le P. Joao d’ALMEIDA qui ont porté mains fortes pour le Sacrement de réconciliation. Réconciliation avec Dieu, mais aussi réconciliation avec le prochain. Les Sœurs au cours de l’avant dernière célébration eucharistique de la retraite ont pu avant le Pater vivre une simple mais profonde réconciliation. La présence des larmes étaient signe de la profondeur du geste vécu, du pardon donné et reçu.
Que le Seigneur nous soutienne dans nos décisions pour descendre de la montagne et rayonner de sa lumière pendant ces vacances et tout au long de la nouvelle année pastorale.
Soeur Emma GBAGUIDI, SSA
Retraitante