
Le vendredi de la 30e semaine du temps ordinaire
Une hydropisie est plus intérieure à chacun. C’est sur elle que Jésus met le plus l’attention en guérissant un malade le jour du Sabbat en présence des pharisiens et des docteurs de la loi. A un homme qui se noie, on ne commence pas par rappeler le Principe d’Archimède. Qu’il est plutôt mieux d’apprendre à l’école. Ne faut il pas d’abord au noyer présenter une bouée. Et le fait qu’il ne trouve pas de réponse à sa question nous en donne la preuve.« Si l’un de vous a son fils ou son bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas l’en retirer aussitôt, le jour même du sabbat ? » Et ils furent incapables de trouver une réponse.Nous sommes atteints d’Hydropisie spirituelle quand nos cœurs se ferment à la présence de Dieu à la forme de souffrance en face de nous, quand nous ne voulons pas mieux découvrir et écouter Dieu, quand nous ne nous mettons pas à l’écoute du défaillant qui a besoin d’une écoute secourable. Comme les pharisiens et les scribes les lois divines nous sont connues, nous ne les lisons pas comme un appel à la compassion et à l’amour, mais nous nous acharnons à les appliquer quand à condamner et plonger l’autre. Or Accepter l’autre qui souffre signifie, en effet, assumer en quelque manière sa souffrance, de façon qu’elle devienne aussi la mienne. Mais parce que maintenant elle est devenue souffrance partagée, dans laquelle il y a la présence d’un autre, la présence de Dieu, cette souffrance est pénétrée par la lumière de l’amour.
Saint Paul à l’art de ce découpage du paysage qui laisse entrevoir partout où il le faut lumière divine de l’amouret il ditaux chrétiens de Philippe :Chaque fois que je prie pour vous tous, c’est toujours avec joie, dit Saint Paul Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu’il le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.
Quand on aime Dieu, on est concentré comme l’auteur du psaume 111 sur les œuvres du Seigneur, ses merveilles, sur la mémoire de son alliance, sa force, sa tendresse et sa pitié. Tout cela a besoin d’être connu de nous et de croitre en nous comme une semence féconde et performative. Et c’est Dieu lui-même qui gère en nous et la semence, et la croissance et l’achèvement.
Rendre grâce à Dieu c’est être reconnaissant pour ce qui est fait et se demander sérieusement ce qu’on peut faire de plus avec Dieu. Et quand saint Paul dit je pense à vous dans ma prière, il fait preuve de ce qu’on appelle une compassion pour les autres et une communion spirituelle pastorale : il est demandé à tout pasteur de porter dans ses prières la croissance spirituelle de ceux dont il a la charge.
Père Frédéric VIADENOU