Vendredi 22 Octobre 2010

Le vendredi de la 29e semaine du temps ordinaire

Pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? Le vrai danger pour beaucoup aujourd’hui, c’est la passivité et l’indifférence quand il ne s’agit pas d’un intérêt personnel, d’argent, de politique. On ne parle de justice que lorsqu’on est soi même victime d’injustice. Nous ne nous prononçons même plus, lorsque les autres souffrent. Préjugés, idéologies et intérêts sont nos préoccupations. Nous portons plus d’attention à autre chose qu’aux vertus évangéliques comme l’humilité et la justice. Nous n’aimons la religion et le sacré que dans la mesure où ils servent nos intérêts. L’avènement du règne de Dieu, règne de justice et de paix ne nous préoccupent pas.

Nous croyons que l’homme se crée lui-même et est à lui-même sa propre référence. Nous ne relisons pas souvent notre vie avec Dieu. Nous ne nous soucions pas de savoir comment Dieu nous guide. Nous croyons que pour être homme, nous n’avons besoin ni de Dieu, ni de ceux qui nous blessent, ni des faibles. Nous voulons lutter contre le mal par nos propres forces et finalement nous retournons aux forces du mal : un royaume peut il être divisé contre lui-même. La question que Jésus pose à la foule porte un à priori positif : l’homme a une capacité certaine. Il sait porter un jugement de valeur sur bien des choses. Il peut donc voir juste avec Dieu. Il suffit qu’il en sente la vocation et oriente. Pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?

Saint Paul est concret. Il encourage chacun à la fidélité à Dieu : je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.

Le juste lui a un objectif ici bas : être toujours avec et comme le Seigneur. Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles (et ne dit pas de faux serments). Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice.

La question de Jésus se révèle plus que jamais actuelle, alors que nous vivons les 150 ans de l’évangélisation de notre pays. Il nous invite à admirer la « bonté » du Père, qui connait bien l’homme sa créature et adapte son action transformatrice aux lenteurs de la nature humaine blessée par le péché. C’est en vivant sa vie et ses réalisations jour après jour comme reçus du Seigneur et comme une vocation qu’on devient un culte agréable à Dieu. Le vrai chrétien c’est celui qui se donne pour la justice.

Père Frédéric VIADENOU

Publié le 22 octobre 2010.

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