Le vendredi de la 26e semaine du temps ordinaire
Job 38,1-3.12-21.40, 3-5. / Ps 139(138) ,1-3.7-8.9-10.13-14. / Luc 10,13-16.
En cette année jubilaire de l’évangélisation et à l’occasion de la fête de Sainte Thérèse qui est la seule Sainte et docteur de l‘Eglise dont les reliques ont foulé le sol de notre pays du sud au nord et de l’est à l’ouest, je propose une expérience personnelle de vie dans la grâce et une promotion de l‘esprit de prière pour chacun de nous. Nous vivons les sacrements et certains moments de notre vie comme une formalité et non comme le signe visible d’une réalité invisible et encore moins comme une expérience de l’amour prévenant de Dieu. Nous avons trop de dévotions et de groupes de dévotion, nous avons trop de demandes à Dieu et de prières efficaces…mais cela nous fait-il grandir dans l’esprit de prière ?
Thérèse peut nous aider à faire un examen de conscience sérieux à ce sujet.
L’ambiance de sa naissance et sa famille, montre que les familles chrétiennes modestes et vraiment ouvertes à Dieu sont un lieu de vertus spirituelles qui passent par l’éducation et le quotidien : mariage, prières, relations fraternelles, maladies, décès etc. Ces éléments que Thérèse a vécus de l’intérieur sont performatifs pour l’expérience de chacun. En elle, on a reconnu l’arbre à ses fruits.
La première confession de Thérèse a été un contact avec la miséricorde qui lui est apparue déjà comme une réalité fondamentale de notre foi. Ce n’était pas pour elle une routine du temps pascal ou une pratique où on veut mettre soi-même en doute l’efficacité de la grâce. Dieu est notre Père et nous sommes ses enfants. Spiritualité de l’enfance.
Sa première communion est reçue après une préparation intense, couronnée par une expérience marquante de la grâce de l’union intime avec Jésus. La préparation matérielle a pris tellement le dessus aujourd’hui que l’attention à la préparation et la reconnaissance spirituelles en sont vidées.
Sa confirmation est reçue avec une vive conscience de ce que comporte le don de l’Esprit Saint dans sa participation personnelle à la grâce de la Pentecôte. La reforme de deux années de catéchèses avant la confirmation a-t-elle suscité notre ardeur et notre conscience des biens et du don de l’Esprit.
Sa profession religieuse a été un véritable engagement sur le chemin de perfection, de ferveur et de fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Les vœux sont pour beaucoup aujourd’hui, un poids.
Sa réception du sacrement des malades ou sa maladie qui la conduira à la mort. Thérèse l’accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Nous, nous y aurions vu avant tout, un envoûtement.
Ses dernières paroles, "Mon Dieu... je vous aime !" scellent son existence. Et les écrits qu’elle laisse ont poussé le Pape Jean Paul II à affirmer que pendant sa vie, Thérèse a découvert « de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux » et elle a reçu du Divin Maître la « science d’Amour » qu’elle a montrée dans ses écrits avec une réelle originalité. Cette science est l’expression lumineuse de sa connaissance du mystère du Royaume et de son expérience personnelle de la grâce. Elle peut être considérée comme un charisme particulier de la sagesse évangélique que Thérèse, comme d’autres saints et maîtres de la foi, a puisée dans la prière.
Père Frédéric VIADENOU.