Vendredi 13 Août 2010

la fidélité aux liens est l’une des plus grandes valeurs spirituelles

Jubilez ! Criez de joie ! Habitants de Sion ! Car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël. Le cantique d’Isaïe que nous méditons en psaume responsorial aujourd’hui, nous donne l’âme d’un jubilé, alors que nous sommes en année jubilaire pour notre pays et pour notre Eglise. La première lecture quant à elle nous fait revenir sur l’histoire des infidélités de ce même peuple que le psaume invite au jubilé. Dieu dit à Ezéchiel son prophète : Fils d’homme ! Fais connaître à Jérusalem ses infidélités ! Tu as prodigué tes faveurs à chaque passant, tu as été à n’importe qui ! Tu as méprisé le serment et rompu l’alliance. Les infidélités d’Israël nous montrent que l’histoire en fin de compte n’est pas aux seules mains des péchés et des échecs de l’homme, mais dans les mains de Dieu. Israël s’est prostituée et Dieu l’a récupérée. Israël a rompu l’alliance et Dieu l’a rétablie. En comprenant Israël, c’est à la rencontre de Dieu que l’on va, lui en qui réside pour nous la possibilité de renaître de nos cendres. Dieu nous apprend que la fidélité aux liens est l’une des plus grandes valeurs.
Mais il nous faut inclure dans tout cela la mémoire de nos infidélités et de nos échecs. Tout jubilé est un appel à la conversion. Tout jubilé vient nous apprendre à être honnête envers Dieu et à nous engager à améliorer le côté négatif de notre vie. L’apprentissage de la fidélité parfaite est indispensable pour construire l’avenir. Pour aimer vraiment, il faut être fidèle et pour être fidèle, il faut aimer vraiment.
L’évangile nous rappelle de manière très élaborée à partir d’une discussion sur l’indissolubilité des liens matrimoniaux que si Dieu a uni, l’homme ne doit pas séparer. L’indissolubilité du mariage est une valeur divine qui enrichit le monde. En cherchant à vivre leur lien comme une union divine et en la respectant comme sacré, en s’imposant de ne jamais séparer ce que Dieu à unit, les époux s’engagent pour Dieu et le service salvifique de l’humanité, ils se purifient les cœurs et les prédisposent à lutter contre les virus de l’amour que sont les vices, l’infidélité, la débauche, l’insincérité, l’incohérence morale, la duplicité. Ils se laissent remplir de la grâce de Dieu. Ils donnent à Dieu l’espace qu’il faut pour agir par eux et faire d’eux dans le monde, le bon arbre qui produit de bons fruits. S’il ne s’affermit chez les enfants qui naissent et qu’on éduque dans les familles, une attitude de fidélité sincère dans la vie, et si on ne sauve pas le lien matrimonial du piège des divorces, des familles déchirées et des blessures traumatisantes qu’elles laissent, marcher ensemble sera toujours difficile. Tout jubilé nous invite à contempler Dieu dans sa fidélité à l’homme et à nous engager à le suivre sur cette voie.

Père Frédéric VIADENOU

Publié le 13 août 2010.

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