VINGT SEPTIEME DIMANCHE ORDINAIRE (ANNEE B)

Les commentaires de ces textes du livre de la Genèse et de l’Evangile selon saint Marc nous sont familiers. Chaque messe de mariage les évoque, peu ou prou. Mais il nous faut aller à l’essentiel de tout sacrement. Et l’essentiel ici, c’est l’union du Christ et de l’Eglise, c’est-à-dire, l’union du Christ et des membres de son Corps Mystique qu’il n’a pas honte d’appeler ses frères, même s’ils sont pécheurs. Ici, l’aspect spirituel est donc à la base de tout.

Le mariage catholique est « l’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants », laquelle « a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement » (§1601 du catéchisme de l’Église catholique). Le mariage catholique est l’approche catholique pour articuler et faire s’épanouir simultanément vie sexuelle et vie spirituelle. Pour le catholicisme, le mariage se fonde sur la sexualité. Mais dans le sens où une cathédrale se fonde sur ses fondations, ce n’est pas la fondation qui donne son sens à une cathédrale mais la spiritualité.

Ce qui fait la réalité du mariage catholique, c’est la volonté partagée des époux de se donner mutuellement l’un à l’autre, pour leur bien spirituel. De ce point de vue, le mariage existe dès lors que les époux ont décidé de se marier ; la cérémonie n’en est qu’une régularisation. Le droit canon reconnaît cette préexistence du mariage à sa forme.

La liturgie est nécessaire pour "consacrer" le mariage, dans le sens où une marque spirituelle permanente aura été créée sur les époux, correspondant à leur engagement mutuel. Schématiquement, la volonté de Dieu est à la fois de faire le bonheur de l’homme et de l’amener à participer à sa création ; en réalisant un mariage le couple se fait un instrument divin, accomplissant la volonté de Dieu en son nom dans le cas particulier de la sexualité. De ce fait, la préparation de l’acte est faite par l’homme, mais l’auteur du mariage est finalement Dieu lui-même, agissant en la personne des célébrants (qui sont liturgiquement l’homme et la femme se mariant).

Frère Théodore LOKO

Publié le 4 octobre 2009.

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