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Excellence Monseigneur, Messieurs les Curés, Sœurs, membres de la famille religieuse de Saint Augustin et autres, membres de différentes délégations, chers frères, amis et parents, bonjour et merci d’être réunis autour de la dépouille de notre Fille, notre Sœur, notre Tante, notre Mémé que nous appelions tous affectueusement, Sœur Delphine !
Qui est Sœur Delphine ?
Née le 4 juillet 1938 à Savalou d’un père polygame et d’une mère féticheuse, JEANNE de son prénom de jeune fille, a passé son enfance dans une famille constituée d’un père, de six mères et d’une trentaine d’enfants, hommes et femmes confondus. Ces détails pour exprimer comment Dieu, notre Père céleste, montre sa magnanimité, sa miséricorde et son amour à sa créature en allant susciter des vocations dans des milieux que d’aucuns qualifieraient d’inappropriés.
Ce cadre familial montre déjà le moule dans lequel a été façonnée Sœur Delphine pendant l’enfance et qui peut se traduire par le respect, la tolérance, l’acceptation de l’autre et le partage. Le courage, la douceur, l’humilité et le sacrifice de soi pour les autres, viendront compléter ce tableau lumineux de la nature de l’illustre disparue, dont la vie sacerdotale vue de la famille, n’est qu’accomplissement de soi.
Lorsqu’elle reçut l’appel du Seigneur, ce qui, de la part d’une jeune femme, ne s’était jamais produit auparavant dans la famille, sinon dans le village, elle reçut la désapprobation de sa maman et de ses belles mères, toutes, troublées et craintives à l’idée qu’elle ne pourrait pas leur donner une progéniture et également pour une défiance du fétichisme auquel appartenait sa mère. Face au désarroi de cette gent féminine et toujours sous l’impulsion qui l’animait, elle informa son père qui, bien inspiré, objecta que si cela pouvait la rendre heureuse, pourquoi si opposer, donnant ainsi son assentiment.
Entrée au Noviciat des sœurs Notre Dame des Apôtres le 2 août 1960, elle fit profession de foi trois (3) ans après et en 1969, a émis les vœux perpétuels dans l’Institut des Sœurs de Saint Augustin du Bénin dont elle était membre fondateur, un an plus tôt.
Qui ne se souvient des charges qu’elle a assumées avec détermination et probité lors des mouvements qu’elle a connus depuis sa profession des vœux perpétuels ? En effet, depuis Cotonou-Notre Dame (1963-1966), Sakété (66-67), Cotonou Saint Michel (67-84), Porto-Novo - Attakè (84-87), Sakété de nouveau (87-94), Bohicon (94-98), Allada (98-2009), l’impression est comme si elle était un précurseur ! un respectable confrère, au cours d’une messe d’actions de grâce en ton honneur, ne t’avait-il pas qualifiée de force tranquille ?
Fascinés par ses actions en faveur des orphelins et des démunis, une question lui a été posée de savoir ce qui l’a poussée vers eux, et voici la belle et émouvante histoire qu’elle nous a racontée et je cite :
« Alors que j’étais petite, j’ai surpris des gamins assis par terre, d’autres adossés aux murs d’un bâtiment voisin, pleurnicher, gémir. Intriguée et sensible à leur peine que je ne comprenais pas, je me suis approchée de personnes plus âgées pour m’enquérir de la cause. On m’informa de ce qu’ils venaient de perdre leur mère ou leur père. J’ai prié ce jour le Seigneur en lui demandant de protéger ma maman jusqu’à ce que je grandisse. Quelle ne fut ma surprise de constater que c’est au lendemain de la célébration de mes Noces d’Argent que ma mère décéda. J’en fus très émue et je remerciai le Seigneur d’avoir exaucé ma prière et de m’avoir rappelé par la même occasion que j’avais grandi. Que pouvais- je faire pour manifester ma gratitude à l’endroit du Seigneur ? J’ai donc décidé d’aider ceux qui n’ont pas pu avoir cette chance comme moi et depuis je me suis mise au service des orphelins et des démunis. »
N’est-ce pas beau ? Constatons tout simplement que le Seigneur est avec elle depuis toujours !
MEME Sœur Delphine, comme tout le monde aime t’appeler, tu as tiré ta révérence après 46 ans de vie religieuse bien accomplie, héritage lourd que tu nous lègues et que le Seigneur nous aidera certainement à porter.
N’ai-je pas personnellement souhaité ta guérison pour nous permettre de reprendre nos palabres lors de mon passage à ton chevet sur ton lit d’hôpital, la veille de ton retour au Père Céleste ? Mais cette nuit-là, en toute sincérité, alors que je priais de nouveau dans ce sens, La Voix m’a dit : « Tu recherches la miséricorde et au moment où tu en as la preuve, tu veux fuir ! Que veux-tu au juste » ? J’ai donc prié et demandé pardon au Seigneur et que sa volonté soit faite. J’avais ainsi compris que je ne pourrais entendre ta voix si douce, si fluette qu’on avait parfois peine à l’entendre, mais qui pénétrait suffisamment pour peu que l’on prête attention à toi. Mais j’étais également heureux de te savoir dans les bras des Anges, te conduisant vers le Père Céleste. Dès lors, j’ai pris la décision de ne pas pleurer ton retour au Seigneur, ce que je recommande également à tous ceux qui ont foi en Jésus le Miséricordieux !
Tu nous as toujours recommandé d’être unis, surtout dans la prière, car tu ne cessais de nous le rappeler en ces termes : « il faut beaucoup prier. Avec la prière, on obtient toujours ce que Dieu le Père veut pour nous » et ton désir ardent était de voir naître des vocations sacerdotales dans la famille. Aujourd’hui que tu es auprès du Père Céleste, œuvre pour qu’il en soit ainsi. Prie également pour les membres des communautés religieuses afin que la miséricorde et la lumière divines les accompagnent et fassent d’eux des exemples sur la voie du Seigneur !
Père Eternel et Miséricordieux, pour Sœur Delphine, nous te remercions et nous te rendons grâces. Accueille-la dans ta demeure pour qu’elle intercède pour nous désormais.
Pour les orphelins et autres qui lui sont chers, trouve de nouvelles "Sœur Delphine" pour alléger leur fardeau comme Tu sais bien le faire. Pour les responsables de tes communautés, accorde beaucoup de lumière et de force afin qu’ils nous conduisent tous à Toi.
Pour tous ceux qui sont venus honorer la mémoire de ta fille, Sœur Delphine, accorde ta protection et ta bénédiction, ainsi qu’à leurs familles respectives, et qu’ils retournent saints et saufs retrouver les leurs.
MEME Sœur Delphine, que ton âme se réjouisse dans la plénitude du Seigneur ! Merci d’avoir été une boussole pour beaucoup parmi nous !
Au revoir dans la maison du père céleste !