Sans sacrifice, pas de progrès

Sans sacrifice pas de progrès. Comprends bien cela. Au fond, quand tu t’obstines à vouloir avancer, à vouloir t’élever sans qu’il t’en coûte rien, tu fais comme cet enfant qui se demandait, pensif devant son chemin de fer mécanique, si, en lui faisait suivre des courbes descendantes très allongées, il ne l’amènerait pas tout doucement à un point plus élevé que le point de départ. Tu ne raisonnes pas autrement : « Comment monter sans effort, par ma seule force d’inertie ? » Problème ardu, conviens-en, et que tu n’arriveras pas facilement à résoudre.
N’essaie même pas. Tu veux déboucher sur les sommets ? Alors prends hardiment la route qui monte. Même si elle doit te blesser un peu.
Je ne sais qui a dit : il y a trois façons de vouloir :


-  Vouloir sans qu’il en coûte,


-  Vouloir quoi qu’il en coûte,


-  Vouloir parce que qu’il en coûte.

• Vouloir sans qu’il en coûte ? Laisse donc cela aux fantoches.

• Vouloir quoi qu’il en coûte ? Tu dois viser ce sommet.

• Mais tu l’atteindras, ce sommet, que si fouettant, habituellement la bête, tu te piques au jeu, et si, au moins de temps en temps, tu sais vouloir parce qu’il en coûte.

In Comme un veilleur, de Ludovic GIRAUD, Chapitre XX, Pour Vivre, § 3

Publié le 3 janvier 2010.

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