"Hommes de peu de foi !"
Les apôtres ont déjà assisté à plusieurs miracles de Jésus. La Transfiguration à laquelle ils viennent de participer, vient encore conforter leur certitude que Jésus est l’envoyé du Père. Devant ce papa angoissé par la maladie de son fils, ils sont désemparés, mais ils se disent : "Et si on essayait de chasser le démon comme Jésus !" Pas de chance ! Ça ne marche pas ! Alors, ils viennent se plaindre à Jésus : "Pour quelle raison est-ce que nous n’avons pas pu l’expulser ?" "C’est parce que vous avez trop peu de foi, répond-il."
La foi n’est pas une potion magique qui guérit ou délivre automatiquement. Elle est un long cheminement, une longue marche avec Jésus pour essayer d’abord de partager sa prière à son Père, de vivre dans son intimité, de désirer sa présence en nous. La foi doit nous pousser ensuite à vivre en conformité avec Jésus, à sa ressemblance, luttant contre nos défauts jusqu’à ce que nous puissions dire avec saint Paul : "Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi !" Alors, nous serons sensibles à ceux qui souffrent, nous les porterons davantage dans notre prière fervente et, comme Marie à Cana, nous pourrons, non pas guérir ou faire un miracle, mais intercéder avec plus de confiance pour ceux qui ont besoin du secours de Dieu.
L’essentiel n’est donc pas pour nous de transporter une montagne, mais d’admirer la puissance de Dieu en nous qui nous fait passer des ténèbres à son admirable lumière. L’essentiel avant de faire un miracle est de vivre comme Jésus, à la manière de Jésus. Il faudra peut-être toute notre vie pour y arriver ! Peu importe. Il ne faut jamais nous décourager devant les efforts et surtout devant les échecs. Dieu est toujours prêt à nous relever à nous faire repartir à sa suite.
Le dernier verset de ce récit, qui n’a pas été lu aujourd’hui, nous précise : "Ce genre de démon ne peut s’en aller, sinon par la prière et le jeûne." La foi ne peut se vivre et grandir sans la prière, le renoncement à nous-mêmes, sans la participation aux souffrances de Jésus. C’est en effet sa souffrance et sa mort sur la Croix qui nous ont sauvés et libérés du mal.
Seigneur, je crois, mais augmente la foi !
Père André CHAUVIN