
(Luc 6, 1-5)
A la sortie d’Egypte, Moïse a eu bien du mal à conduire le peuple de Dieu vers la terre promise. Esclaves des Egyptiens depuis longtemps, brusquement libérés, ils sont heureux d’agir à leur guise, sans aucune contrainte. C’est pourquoi il a fallu que Dieu intervienne en donnant à Moïse les dix commandements sur le mont Sinaï. Les pharisiens ont ensuite multiplié ces « interdits » jusqu’à les rendre insupportables au peuple juif.
Si ces commandements sont encore valables pour nous aujourd’hui, le Christ est venu nous apporter une nouvelle relation entre Dieu et les hommes, une relation d’amour. Il n’est plus question pour Jésus de permis ou d’interdit, mais de découvrir dans notre vie quotidienne la volonté du Seigneur sur nous et surtout de découvrir comment nous pouvons chaque jour aimer davantage Dieu et le prochain.
Que reprochent les pharisiens aux apôtres ? Non pas d’avoir volé des épis de blé dans un champ, mais de les avoir froissés dans leurs mains ce qui était considéré comme un travail interdit le jour du sabbat.
Le sabbat, comme le dimanche pour nous est un jour consacré au Seigneur, en ce sens que ce jour-là, nous laissons toutes les occupations de la semaine, notre travail, nos soucis pour rendre grâce au Seigneur de son amour pour nous. Nous nous retrouvons ensemble, en communauté, enfants d’un même Père, d’une même famille pour le louer et le remercier de cet amour dont il nous comble chaque jour. Il n’est donc plus question de commandement ou d’interdit, mais de la joie de savoir que Dieu nous aime.
Nous voyons donc qu’il n’est pas possible pour un vrai chrétien de parler d’obligation, même pour la participation à la messe du dimanche, mais il s’agit d’une rencontre, d’une fête familiale où nous sommes heureux de nous retrouver entre nous chrétiens autour du Seigneur, lui qui est le Maître du sabbat mais surtout qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, lui qui nous mène vers le Père.
Essayons donc de faire que notre célébration du dimanche ne soit plus une obligation, mais une fête familiale dont nous avons tous besoin pour trouver la force de vivre notre semaine avec le Christ, pour témoigner de notre foi auprès de tous ceux que nous rencontrerons et pour faire grandir en nous cet amour de Dieu et du prochain qui est notre seul vrai commandement.
Père André Chauvin, SMA