Recollection du secteur de Cotonou chez Soeurs de Saint Augustin : Texte intégral

Thème : La plus grande Justice est celle de l’Amour

Cette conférence a été donné par le Révérend Père KUESIELE Dabiré Nicolas, Etudiant à l'Institut Jean Paul II

Introduction

« La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint Esprit soient avec vous ». J’emprunte ces mots de l’Apôtre Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens pour vous saluer, vous, Sœurs de St Augustin en mission dans la ville de Cotonou. Il est légitime pour le chrétien de se confier à Dieu dans les moments importants de sa vie. C’est ce que vous faites en ce temps de carême. Il m’a été demandé de vous prêcher cette récollection. C’est pour moi une première ici à Cotonou, ayant exercé mon ministère surtout dans mon pays d’origine, le Burkina Faso. En acceptant de vous rendre ce service, j’ai souhaité ne pas vous décevoir ; bien plus, j’ai souhaité ne pas décevoir Dieu qui par moi vous adressera sa parole. Ai-je pu m’ouvrir suffisamment à l’Esprit Saint pour accueillir la parole à vous transmettre ? Dieu et vous-mêmes saurez répondre ! Ma plus grande crainte est d’être pour vous une barrière à l’action de l’Esprit qui travaille en vous. Puissiez-vous m’accorder votre indulgence pour les limites de ma méditation avec vous. Et que Dieu me pardonne mes insuffisances dans la transmission de son message !

Modalités pratiques

Vous connaissez les conditions minimales et les activités nécessaires pour faire une récollection : recueillement dans un silence intérieur et extérieur (en soi et autour de soi), lecture et méditation de la parole de Dieu, adoration du St Sacrement, méditation du chapelet avec la Vierge Marie, partage d’expériences, célébration de l’Eucharistie et de la Réconciliation, etc. Selon vos sensibilités et vos possibilités, vous les organiserez de sorte à être le plus possible à l’aise durant ce temps que vous avez choisi de consacrer à Dieu. La notion de communauté et ce qu’elle entraîne sont importants pour vous, je n’en doute pas ! Je ne voudrais pas les bafouer. Néanmoins, permettez-moi d’abandonner ici le « vous » collectif pour préférer le « tu » individuel, et ce, par souci de personnaliser davantage le message aussi bien dans son émission que dans son accueil. C’est ensemble que vous êtes messagères et témoins de la justice de Dieu dans le monde, mais chacune de vous a répondu personnellement à l’appel de Dieu. Ton engagement dans la vie religieuse est d’abord un acte personnel avant de prendre une forme communautaire. Quand je dis « tu », c’est à toi Béatrice, Edwige, Caroline, Séraphine, etc. que je m’adresse.

Présentation du thème

Il est habituel de développer un thème pour soutenir la méditation dans une récollection. Tu as souhaité lire ou relire le message que le Saint Père Benoît XVI a adressé aux chrétiens cette année à l’occasion du carême. Ce faisant, tu voudrais intensifier ta communion avec l’Eglise universelle et approfondir ta connaissance de Dieu ; toute chose qui amélioreras ton témoignage de chrétienne et de religieuse dans ton milieu de vie. Dans un premier temps, je te propose de prendre connaissance ou de reprendre connaissance avec le message du pape à travers un résumé, étant entendu qu’il est préférable que personnellement tu lises ce texte en entier. Ensuite, je le rapprocherai des trois encycliques du même auteur et du dernier synode des évêques pour l’Afrique. J’ose espérer que les convergences de ces textes t’aideront à en comprendre le contenu afin d’en retirer un aliment spirituel et une force de témoignage.

I - Résumé du Message du Pape Benoît XVI pour le Carême 2010

La plus grande justice est celle de l’amour

Chers frères et sœurs,

A l’occasion du Carême, j’aimerais vous proposer quelques réflexions sur la justice, à partir de l’affirmation de saint Paul : « La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ » (Rm 3, 21-22). Le mot « justice » ordinairement signifie « donner à chacun ce qui lui est dû ». Mais en quoi consiste ce ‘’ce qui lui est dû’’ ? Puisque la loi garantit les réalités matérielles dues, il s’agit ici pour l’homme de vivre de l’amour que Dieu seul peut lui communiquer. Les biens matériels sont utiles et nécessaires. Cependant, l’homme a essentiellement besoin de vivre de Dieu, ce qui lui est dû dépasse infiniment le painUne tentation permanente se manifeste chez l’homme : celle de pointer l’origine du mal dans une cause extérieure. L’injustice, conséquence du mal, ne vient pas exclusivement de causes extérieures. Elle s’origine dans le cœur humain où l’on découvre le fondement d’une mystérieuse complicité avec le mal, à savoir l’égoïsme qui amène l’homme à se replier sur lui-même. Dans la sagesse d’Israël, nous découvrons un lien profond entre la foi et la justice envers le prochain. Accepter totalement la volonté de Dieu, c’est pratiquer la justice envers le prochain. Pour l’Israélite, donner au pauvre est la réciprocité de ce que Dieu a fait pour lui. Et Dieu qui, le premier, a écouté demande à être écouté : il demande justice pour le pauvre, l’étranger, l’esclave. Pour vivre de la justice, il est nécessaire de sortir de l’autosuffisance qui génère l’injustice.

Selon saint Paul, la justice de Dieu s’est manifestée par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Tous sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie par le Christ Jésus. La justice du Christ est avant tout une justice née de la grâce. Mais de quel type de justice s’agit-il ? Le juste meurt pour le coupable qui reçoit en retour la bénédiction du juste ; chacun reçoit le contraire de ce qu’il lui est dû. En réalité la justice divine est différente de la justice humaine. Dieu a payé pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. Face à la justice de la Croix, l’homme doit se convertir au Christ et abandonner l’illusion d’être autosuffisant pour entrer dans la justice de l’amour.

Alors, la foi n’est pas quelque chose de naturel, de facile et d’évident : il faut être humble pour accepter que quelqu’un d’autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Cela s’accomplit spécifiquement dans la Réconciliation et l’Eucharistie. Le chrétien est invité à s’engager dans la construction de sociétés justes où la justice est vivifiée par l’amour. Le Carême culmine dans le Triduum pascal où nous célébrerons la justice divine qui est plénitude de charité, de don et de salut. Que ce temps soit pour chacun un temps de vraie conversion et d’intime connaissance du mystère du Christ venu accomplir toute justice. Je te propose de retenir deux invitations que ce message du pape t’adresse :  Face à la justice de la Croix, l’homme doit se convertir au Christ et abandonner l’illusion d’être autosuffisant pour entrer dans la justice de l’amour.  Le chrétien est invité à s’engager dans la construction de sociétés justes où la justice est vivifiée par l’amour.

II - Message du pape et encycliques de Benoît XVI

Le choix du thème : Si le pape a choisi de faire porter son message sur la justice, c’est que ce thème lui tient à cœur depuis le début de son pontificat. Dans sa première encyclique parue en 2005 – Deus caritas est – nous trouvons un développement qui articule Justice et charité (cf. n° 26-28). Voici un extrait du texte du Pape :

26. « Depuis le dix-neuvième siècle, on a soulevé une objection contre l’activité caritative de l’Église. (…) Les pauvres, dit-on, n’auraient pas besoin d’œuvres de charité, mais plutôt de justice. (…) Au lieu de contribuer, à travers diverses œuvres de charité, au maintien des conditions existantes, il faudrait créer un ordre juste, dans lequel tous recevraient leur part des biens du monde et n’auraient donc plus besoin des œuvres de charité. (…) Il est certain que la norme fondamentale de l’État doit être la recherche de la justice et que le but d’un ordre social juste consiste à garantir à chacun, dans le respect du principe de subsidiarité, sa part du bien commun. C’est ce que la doctrine chrétienne sur l’État et la doctrine sociale de l’Église ont toujours souligné. (…)

La construction d’un ordre juste de la société et de l’État, par lequel est donné à chacun ce qui lui revient, est un devoir fondamental, que chaque génération doit à nouveau affronter. S’agissant d’un devoir politique, cela ne peut pas être à la charge immédiate de l’Église. Mais, puisque c’est en même temps un devoir humain primordial, l’Église a le devoir d’offrir sa contribution spécifique, grâce à la purification de la raison et à la formation éthique, afin que les exigences de la justice deviennent compréhensibles et politiquement réalisables. L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. »

Dans ce passage, le Saint Père définit la justice comme ‘’la part des biens du monde ou du bien commun que chacun reçoit’’. Il revient en priorité à l’Etat de rechercher la justice dont le but ‘’consiste à garantir à chacun sa part du bien commun’’. La contribution de l’Eglise dans cette tâche qui incombe à tous est de purifier la raison et de donner une formation éthique pour faire comprendre et rendre réalisables les exigences de la justice.

Deux ans plus tard, Benoît XVI publie sa deuxième encyclique intitulé SPE SALVI (2007) Nous sommes sauvés dans l’espérance. Aux numéros 42 à 44, il traite de la justice. Je le cite : « L’athéisme des XIXe et XXe siècles est (…) une protestation contre les injustices du monde et de l’histoire universelle. Un monde dans lequel existe une telle quantité d’injustice, de souffrance des innocents et de cynisme du pouvoir ne peut être l’œuvre d’un Dieu bon. Le Dieu qui aurait la responsabilité d’un monde semblable ne serait pas un Dieu juste et encore moins un Dieu bon. (…) Puisqu’il n’y a pas de Dieu qui crée une justice, il semble que l’homme lui-même soit maintenant appelé à établir la justice. (…)

Dieu existe et Dieu sait créer la justice d’une manière que nous ne sommes pas capables de concevoir et que, cependant, dans la foi nous pouvons pressentir. Oui, la résurrection de la chair existe. Une justice existe. La « révocation » de la souffrance passée, la réparation qui rétablit le droit existent. Je suis convaincu que la question de la justice constitue l’argument essentiel, en tout cas l’argument le plus fort, en faveur de la foi dans la vie éternelle. 44. La protestation contre Dieu au nom de la justice ne sert à rien. Un monde sans Dieu est un monde sans espérance (cf. Ep 2, 12). Seul Dieu peut créer la justice. Et la foi nous donne la certitude qu’Il le fait. (…) Mais dans sa justice il y a aussi en même temps la grâce. Nous le savons en tournant notre regard vers le Christ crucifié et ressuscité. Justice et grâce doivent toutes les deux être vues dans leur juste relation intérieure. La grâce n’exclut pas la justice.

La conception distributive et matérielle de la justice est toujours maintenue ici. Elle est l’inverse des injustices contre lesquelles l’athéisme proteste. Mais quand le Pape dit que Dieu existe et Dieu sait créer la justice d’une manière que nous ne sommes pas capables de concevoir, il est évident qu’il pense à un autre type de justice qui, comme il le reconnaît, ne se saisit que par la foi. Il évoque la justice comme résurrection, révocation de la souffrance et réparation du droit lésé. La réflexion de Benoît XVI n’omet pas la compréhension de la justice comme rédemption réalisée gratuitement par le Christ en faveur de l’homme. Nous la percevons en tournant notre regard vers le Crucifié et ressuscité

Le thème de la justice revient encore au numéro 6 de l’encyclique « Caritas in veritate » (L’amour dans la vérité) parue en 2009). Le Pape y présente la justice comme l’un des critères d’orientation de l’action morale. Il dit : « La charité dépasse la justice, parce qu’aimer c’est donner, offrir du mien à l’autre ; mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre (…) ce qui lui revient. (…) Je ne peux pas « donner » à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Qui aime les autres avec charité est d’abord juste envers eux. (…) D’une part, la charité exige la justice : la reconnaissance et le respect des droits légitimes des individus et des peuples. Elle s’efforce de construire la cité de l’homme selon le droit et la justice. D’autre part, la charité dépasse la justice et la complète dans la logique du don et du pardon. La cité de l’homme n’est pas uniquement constituée par des rapports de droits et de devoirs, mais plus encore, et d’abord, par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion. La charité manifeste toujours l’amour de Dieu, y compris dans les relations humaines. Elle donne une valeur théologale et salvifique à tout engagement pour la justice dans le monde.

La première notion de la justice est maintenue et exprimée sous forme de ‘’reconnaissance et respect des droits légitimes des individus et des peuples’’. En comparant la justice et la charité, le pape conclut que la charité dépasse la justice bien que celle-ci soit première dans la mise en œuvre : il faut d’abord être juste avant d’être charitable envers autrui ! Toutefois, le rapprochement des deux valeurs fait apparaître la dimension de l’engagement personnel dans la recherche aussi bien de la justice que dans la charité. C’est d’abord Dieu qui s’est engagé dans la plus grande justice faite de gratuité, de miséricorde et de communion et qui invite l’homme à marcher sur ses pas. III - Message du pape et deuxième synode des évêques pour l’Afrique. Nous pourrions situer aussi le message de carême du pape dans la suite logique du deuxième synode des Evêques pour l’Afrique, tenu au Vatican du 05 au 24 octobre 2009 et dont le thème est : « L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix, ‘’Vous êtes le sel de la terre…vous êtes la lumière du monde (Mt 5, 13-14) ». Le rapporteur général du synode, son Em. Le Card. Peter Kodwo Appiah Turkson, archevêque de Cape Coast (Ghana) a présenté un rapport introductif à la discussion générale intitulé ‘’Spiritualité de réconciliation pour le continent des opportunités’’. Après avoir démontré que « le fruit de la Réconciliation entre Dieu et les hommes…est la restauration de la justice », il indique les fausses formes de Justice qui existent dans le monde et fait une lecture biblique de la justice.

Les fausses formes de la justice sont :
-  La simple loi du plus fort s’impose au plus faible.
-  Un compromis social qui évite de plus grands maux : personne ne remet en cause l’ordre établi même s’il est injuste !
-  Les avantages de l’impartialité dans l’application générale d’une loi singulière, sans considération pour la justice naturelle : une sorte de neutralité qui est en fait coupable !
-  La montée de l’esprit du capitalisme ajouté à l’aliénation du concept de justice hors de toute racine transcendante : être juste c’est se conformer à la loi de l’offre et de la demande pour le maximum de profit, sans se préoccuper de charité ou de dignité humaine par exemple. A ces formes erronées de justice s’oppose la justice de service chrétien, la justice du Royaume des Cieux. Ce n’est ni la justice punitive, ni la conformité à une loi. C’est la satisfaction des exigences de relations avec Dieu et avec les hommes sous les angles de la création, de l’ancienne alliance et de la nouvelle alliance.
-  Sous l’angle de la création : l’appartenance de tous les hommes à la même humanité créée par Dieu s’accompagne de solidarité et de fraternité ; elle est soutenue par la justice dans leurs relations. La justice ici peut être entendue comme ‘’la part des biens du monde ou du bien commun que chacun reçoit’’ au plan matériel et moral.
-  Sous l’angle de l’ancienne alliance : il faut parler de plusieurs alliances dans lesquelles Dieu prend l’initiative de placer le peuple dans une relation spéciale avec lui. Etre juste consiste à respecter les clauses de l’alliance dans les rapports avec Dieu et dans les rapports entre les hommes. Mais à cause de leurs infidélités, les membres du peuple ne pouvaient rien exiger de Dieu comme le ferait un partenaire régulier d’une alliance. Leur justice est alors de confesser leurs péchés. La justice de Dieu se fait miséricorde qui accomplit fidèlement leur justification en les resituant dans l’alliance.
-  Sous l’angle de la nouvelle alliance : Jésus révèle la justice de Dieu comme grâce, don gratuit à un peuple qui n’a pas beaucoup de mérites. Lui, le juste, meurt pour le coupable qui reçoit en retour la bénédiction du juste ; chacun reçoit le contraire de ce qu’il lui est dû. Au point que l’Apôtre Paul déclare : « c’est bien par grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu » (Eph 2, 8). Et c’est encore un don de Dieu, l’Esprit de Jésus, qui permet à l’Eglise de répondre dans la foi à la justice de Dieu. Le card. Appiah Turkson tire la conclusion suivante : « Ce sens de justice suggère que l’appel à être des serviteurs de justice - que présente le thème du synode - est d’abord et avant tout un appel à une expérience spirituelle : l’expérience de la justification (grâce justifiante) dans la foi et à être ses témoins dans l’Eglise et dans la société, justifiant les autres » (Texte entier dans l’Osservatore romano n° 41du mardi 13 octobre 2009, pp. 11-16) Retiens pour ta nourriture spirituelle les deux appels suivants que te proposes l’archevêque de Cape Coast :  Dans la foi, faire l’expérience de la grâce justifiante de Dieu  Dans la foi, être témoins de la justice de Dieu dans l’Eglise et dans la société.

IV - Quelles orientations pratiques ?

Réunissant les invitations du pape et les invitations de l’archevêque tu obtiens quatre injonctions que je reformule ainsi :  Face à la justice de la Croix, tu dois te convertir au Christ et abandonner l’illusion d’être autosuffisante pour entrer dans la justice de l’amour.  Chrétienne, tu es invitée à t’engager dans la construction de sociétés justes où la justice est vivifiée par l’amour.  Dans la foi, fais l’expérience de la grâce justifiante de Dieu  Dans la foi, sois témoins de la justice de Dieu dans l’Eglise et dans la société. En ce temps de carême, le Saint Père te propose deux démarches complémentaires. La première est la CONVERSION. 1. Face à la justice de la Croix, dans la foi, fais l’expérience de la grâce justifiante de Dieu : convertis-toi au Christ en abandonnant l’illusion d’être autosuffisante, pour entrer dans la justice de l’amour. Oui, contemple le Christ crucifié. Bien que Fils de Dieu, il meurt pour payer à ta place la dette que tu as envers Dieu. Avec foi et humilité accepte qu’il t’a réhabilitée devant Dieu. Tourne-toi alors vers lui, convertis-toi en abandonnant ton autosuffisance et entre dans la justice de Dieu. A toi de voir ce que tu dois concrètement changer dans ta vie

La deuxième démarche est L’ENGAGEMENT DANS LE TEMOIGNAGE.

2. Chrétienne, tu es invitée à t’engager avec foi, dans la construction de sociétés justes où la justice est vivifiée par l’amour ; ainsi tu seras témoin de la justice de Dieu dans l’Eglise et dans la société. Vivre en chrétien dans le monde n’est pas de tout repos. L’Eglise n’a que faire de chrétiens qui, bras croisés et tournant les pouces, ne font rien. Cette exigence est plus rigoureuse pour la religieuse que tu as choisis d’être sur l’appel de Dieu. En effet à tes engagements baptismaux s’ajoutent ceux de ta profession religieuse. Avant même que tu agisses, tu es témoin du Royaume des Cieux, actualisant ici-bas ce que tous nous espérons. Ton être devance ton action. Mais par l’un et par l’autre tu es témoin de la justice. Par ton être tu dis ce qu’est la justice, par ton action tu fais advenir la justice, dans tous les cas selon la norme de l’amour. A toi de voir ce que tu dois concrètement faire dans ta vie.

‘’Tu es le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? (…) Tu es la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée. (…) De même, que ta lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant tes bonnes actions ils rendent gloire à ton Père qui est aux cieux’’ (cf. Mt 5, 13-16).

Chant : Tu nous appelles à t’aimer en aimant le monde où tu nous envoies. . Ô Dieu fidèle, donne-nous, en aimant le monde, de n’aimer que toi ! 1 – Allez par les chemins, crier mon évangile ; Allez, pauvres de tout, partagez votre joie. 2 – Soyez signes d’amour, de paix et de tendresse (justice) : Ayez un cœur d’enfant, soyez simples et vrais. 3 – Pour être mes témoins, veillez dans la prière ; Mon royaume est en vous, il attend votre cœur.

Raymond Fau

Textes bibliques pour la méditation.

 Justice punitive : Ap 15, 4 ; 19, 2. 11 ; 16, 5-6 ; Hb 6, 10 ; 2Th 1, 6  Justice basée sur la création : Mt 22, 15-22 ; Mc 12, 13-17, Lc 20, 20-26 ; Mc 7,14-15 ; 20-21  Justice dans les alliances : Gn 17, 4. 1 ; 17, 19. 21, 2Ch 21, 17 ; Dt 4, 12-13 ; Ex 19-20, Dt 10, 18-19 ; Dt 15, 12-18 ; Ex 22, 20 ; Si 4, 4-5. 8-9 Justice de l’Alliance nouvelle (du Royaume des Cieux) : Mt 5, 13-16 ; 6, 33 ; Rm 3, 21-26 ; Rm 13, 8-10 ; Eph 2, 8-12 ; 2Co 5, 21 ; Gal 3, 13-

Publié le 23 mars 2010.

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