Rapport de la première journée du Colloque sur les 150 ans d’évangélisation au Bénin

L’Eglise au Bénin réfléchit sur les perspectives de son avenir en scrutant son passé. C’est bien le sens qu’on peut donner au Colloque sur les 150 ans d’évangélisation au Bénin. A travers les 16 communications et les débats qui alimenteront les assises du 7 au 9 octobre, nous essayerons d’évaluer le chemin parcouru en nous interrogeant sur des questions essentielles « qu’avons-nous fait des valeurs évangéliques que nous ont transmis nos pères ? »De la réponse à ces questions devrait dépendre notre agir dans une Eglise au sein d’une société en crise .C’est ainsi que Son Excellence Mgr Ehouzou ouvrait le colloque au nom de la Conférence des Evêques du Bénin. Il a remercié les communicateurs pour le travail qu’ils feront et invité les participants à enrichir la réflexion par leur contribution au débat .En situant ce colloque, comme au carrefour d’une église qui grandit selon la belle devise du dernier évêque de la sma au Bénin , Patient Mgr Redois – sa devise : il faut qu’il croisse et que je diminue- , le Père Chauvin, secrétaire général de la Commission Intellectuelle du Colloque a présenté le travail qui nous réunissait et que Mme Colette HOUETO exposera dans ces grandes lignes dans son rôle de modérateur. Rôle qu’elle a joué dans la matinée d’hier avec une humeur que nous avons tous appréciée.

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La première communication de la matinée, celle de Mr Pierre METINHOUE, historien de formation et de profession retraçait les grandes étapes de l’évangélisation au Dahomey depuis les origines lointaines de la conquête des côtes Ouest africaines par les Européens jusqu’aux tentatives d’évangélisation d’avant et d’après la création de la Propaganda Fide. Le communicateur finissait son exposé en dévoilant le silence de l’église sur la traite des nègres et les guerres de conquête d’une part et en stigmatisant la force et la persistance des traditions sur l’évangélisation d’autre part. L’intérêt des participants sur la question a été manifeste dans les interrogations et les apports au point ou le temps imparti a été mordu. C’est la communication attendue sur l’inculturation qui apportera sans doute quelque satisfaction en apaisant les ardeurs.

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La communication du Père Julien ZOSSOU, professeur d’histoire de l’Eglise au Grand Séminaire de Ouidah devrait présenter la genèse d’un clergé indigène, relève locale de la mission et pièce maîtresse de toute évangélisation. Cette entreprise a d’abord connu des difficultés et des doutes sur la capacité des noirs à pouvoir se conformer aux exigences du sacerdoce. Les échecs des expériences avec des esclaves rachetés et envoyés en formation en Europe renforcèrent les réticences. Soutenue par la volonté de Rome d’avoir un clergé autochtone, la détermination de Mgr Steinmetz verra l’ordination du premier prêtre du Dahomey en la personne de Thomas MOULERO. Le clergé peut se considérer comme une relève dans la mesure où la formation aura effacé le clivage entre un bas et un haut clergé. Ainsi se résumait la recommandation de l’exposant. A sa suite, M Jérôme ALLADAYE, professeur d’histoire relevait les satisfactions du clergé local à travers les statistiques et sa visibilité sur la scène de l’Eglise universelle. Il a ouvert nos yeux sur les perspectives et les défis actuels : l’éternel attachement aux pratiques ancestrales et la prolifération des nouveaux mouvements religieux.

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La Mère Marie-Claude SOBA, supérieure générale des sœurs OCPSP, -premier institut local fondé par Julia NOBRE et le Père BARRIL – elle présenta donc dans sa communication, l’Evangélisation au Dahomey à travers les religieux et religieuses. Très tôt la nécessité pour les missionnaires de s’appuyer sur le soutien des instituts religieux se fit sentir. L’aventure commencée avec Julia NOBRE, avec l’émission des tout premiers vœux en 1914 put gagner d’autres instituts qui enrichiront de leur charisme l’église de notre pays. Ce sont les Sœurs de St Augustin, les Servantes de l’amour du Christ, les Servantes de la lumière du Christ, les Filles de Padre Pio qui œuvrent au sein des 73instiuts qui travaillent dans le champ du Seigneur au Bénin.
Dans l’après-midi de la journée d’hier, ce furent M Léon OKIOH, géographe de formation et M Charbel SABI-YABA étudiant de son état, qui apportèrent une vision plus laïque à nos entretiens sous l’énergique et ferme modération de Mme Christiane OMICHESSAN.
Le premier intervenant dans son exposé sur l’apostolat des laïcs est parti d’une définition du laïcat pour définir le rôle prophétique du laïcat à travers les mouvements d’action catholique. Au sein d’une société en proie aux mutations dictées par le relativisme spirituel, le laïcat a besoin de s’organiser et de se former pour vraiment évangéliser les modèles de vie.

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De son côté, M Charbel a livré l’expérience de foi des jeunes dans leur milieu de vie. Il déplorait l’incapacité de témoignage de foi des jeunes dans leur milieu professionnel. Pour le communicateur, qui a partagé son expérience de converti, l’engagement d’une jeunesse chrétienne-catholique ne doit pas occulter les problèmes majeurs que vit cette jeunesse : précarité de la vie, manque d’emploi, chômage. Nos communautés peuvent être des lieux de solution à ces problèmes. Les participants ont eu un grand intérêt sur les questions relatives à la pastorale de la famille, questions soulevées par les exposants. Les contributions ont été nombreuses. Des interventions de plusieurs personnes ressources ont apporté des lumières et des mises en garde.

Père Roméo AMOUSSOUHOUI

Publié le 8 octobre 2010.

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