Proposé par le couple Joseph et Marie FONTON
Introduction
Le mariage est un fait naturel connu et adopté par toutes les cultures et civilisations. Pour le chrétien, le mariage n’est pas une simple institution sociale, comme d’ailleurs à toutes races et toutes les cultures, et encore moins un remède aux faiblesses humaines, un péché enfin permis. Non ! (F et V n°2 page 9). Le mariage est une institution voulue par Dieu, comme fondement de la société humaine (Gn 1, 27-28). Il est basé sur le consentement mutuel des deux parties. A la différence du mariage civil, c’est Dieu qui unit l’homme et la femme dans le mariage religieux catholique par le sacrement de mariage.
L’amour conjugal est une matière indispensable comme le pain pour l’Eucharistie. Mais le christ, qu’est-ce qu’il ajoute à travers le sacrement de mariage à un amour qui est déjà arrivé à l’agape et à la charité ? Si les baptisés ne sont pas complètement conscients de la nouveauté apporté par Jésus, ils le célébreront et vivront leur mariage comme des païens, sans se rendre compte de la présence de Dieu qui s’incarne dans leur amour conjugal par le sacrement, et leur offre un coeur nouveau (Ez 36,26-27). Ainsi, non seulement les époux peuvent surmonter la dureté du coeur, mais aussi et surtout ils peuvent partager l’amour plénier et définitif du Christ, nouvelle et éternelle alliance faite chair. (Fc page 38). Et cela est une faute grave que les époux chrétiens puissent commettre : oublier le Christ qui les a appelés avec une vocation sainte (2Tm 1,9) et les accompagne et les soutient par sa douce présence et la tendresse de son amour jusqu’à s’identifier à eux. Car plus ils s’aiment, ils aiment Jésus-Christ et plus ils s’accueillent, ils accueillent le Christ. (F no V et IV). Pour développer ce thème : fondement, fins et propriétés du sacrement de mariage, nous l’articulerons autour des points suivants :
Fondement du sacrement de mariage Fins et Propriétés du sacrement de mariage Conclusion
1- FONDEMENT DU SACREMENT DE MARIAGE
Le mariage est une alliance. Le mariage fait partie des trois formes d’alliances ayant les mêmes caractéristiques. Il importe de reconnaître ces formes d’alliance afin de bien cerner le fondement biblique du sacrement de mariage.
L’alliance de Dieu avec le peuple d’Israël
L’alliance du Christ avec l’Église
L’alliance matrimoniale
A- L’alliance de Dieu avec le peuple d’Israël Cette alliance se caractérise par : une communauté de vie avec quelques signes : Pacte de sang 1 S 1 8, 1-4 « Jonathan conclu un pacte avec David car il l’aimait comme lui-même ; Poignée de main ; Repas ;Un engagement libre et réciproque (L’alliance de Dieu avec Abram en est un exemple : c’était un engagement fécond et source de vie.). L’alliance de Dieu avec Israël a suivi plusieurs étapes :
La libération du peuple d’Israël de l’Égypte en direction de la terre promise. La marche de quarante (40) ans dans le désert au cours de laquelle Dieu prépara son peuple à l’alliance par des approvisionnements, des gestes de fiançailles. La connaissance de l’amour de l’épouse qu’est la torah ou le rouleau de la parole. L’adoption de la charte de vie : les (10) dix commandements de Dieu (Ex : 2O, 1-7), c’est l’analogue des béatitudes (Mt5, 3-12) L’offrande de la terre promise, c’était la dot de l’épouse appelée au mariage. Les prophètes décrivent l’alliance entre Dieu et son peuple comme le mariage indissoluble avec une femme indigne, que Dieu aime et qu’il n’abandonnera jamais. (Cf Os : 2, 21 ; Ez 1, 6) (Enseignement sur le sacrement de mariage SN/RFDV)
La Bible reconnaît et exalte la fidélité de l’amour de Dieu : une fidélité comme l’affirme le NT, témoignée par la mort de Jésus sur la croix. « C’est un Dieu fidèle qui garde son alliance ». Dieu tient à coeur son alliance avec l’homme. La venue du Messie était attendue comme la venue de l’époux, de l’être aimé qui aurait conclu le nouveau mariage éternel.
B - L’alliance du Christ avec l’Eglise est aussi un mariage Ce n’est donc pas un hasard que Jésus fit son premier miracle, signe de sa divinité à un banquet de noces à cana en Galilée. ( Cf : Jn2, 12 ; F et V n°4 page 43). Nous connaissons l’histoire de cette alliance qui part de l’Immaculée Conception de Marie, passe par la salutation (annonciation) de l’Ange Gabriel, la naissance de Jésus, sa vie publique, sa passion, sa mort et sa résurrection. (Cf enseignement sur le sacrement de mariage SN/RFDV) Cette alliance est prise dans le mystère pascal du Christ d’où est née l’Eglise à la Pentecôte. C’est ce mystère Pascal-Pentecôte qui instaure une nouvelle relation entre les époux dans le mariage, en rapport non seulement avec une motivation de mieux vivre le lien conjugal, mais aussi pour conforter son comportement par le modèle qui est donné dans le lien qui existe entre le Christ et l’Eglise. (F et V n’ III page 27) Le CEC n’ 1661 affirme : « le sacrement de mariage signifie l’union du Christ et de l’Eglise. »
C- L’Alliance matrimoniale Elle est le reflet du mystère du mariage du Christ avec l’Eglise. Cette alliance conjugale plonge ses racines dans la complémentarité naturelle qui existe entre l’homme et la femme et se nourrit grâce à la volonté personnelle des époux de partager la totalité de leur projet de vie, ce qu’ils ont et ce qu’ils sont. (P et V). En cela, une telle communion est le fruit et le signe d’une exigence profondément humaine. Mais dans le Christ Seigneur, Dieu prend cette exigence, il la confirme, la purifie et l’élève, la menant à sa perfection par le sacrement, de mariage : l’Esprit Saint répandu au cours de la célébration sacramentelle remet aux époux chrétiens le don d’une communion nouvelle, communion d’amour, image vivante et réelle de l’unité tout à fait singulière qui fait de l’Eglise l’indivisible corps mystique du Christ. (Cf FC page 36 ; Ep 5, 26-27). Derek Prince dans son livre, le mariage est une alliance écrit : « Le mariage aux yeux de Dieu est une alliance, un engagement total et sans réserve, l’un vis-à-vis de l’autre, pour toujours. Il montre qu’une alliance n’est jamais possible sans faire de sacrifice. Tout comme la Nouvelle alliance de Jésus étant impossible sans sa mort de même J’alliance du mariage est impensable si les conjoints ne renoncent pas à leur propre vie, l’un par rapport à l’autre pour toujours. ». Voilà le sens et le fondement du mariage chrétien en tant que sacrement. Jésus Christ prend l’amour entre un homme et une femme et l’élève à la dignité de sacrement. C’est le signe qui révèle et communique la grâce qui fait développer leur rapport d’amour que les deux époux se promettent et se donnent. L’importance et le contenu du sacrement résident dans l’amour conjugal.
Le mariage chrétien catholique est donc quelque chose de très important qu’on ne peut pas réduire à un simple contrat temporaire. Le mariage est indissoluble par principe, et non parce que c’est l’Eglise qui l’impose, mais parce que le mariage réalise la caractéristique de l’amour par lequel Dieu nous aime, un amour fidèle et indéfectible.
L’Eglise dans sa liturgie au sacrement a prévu des textes appropriés et assimilables à l’histoire de la glorieuse rencontre de chaque couple.
Ces textes, au nombre de trente cinq (35) sont choisis dans toute la Bible et vont de la Genèse à l’Apocalypse et constituent le fondement biblique du sacrement de mariage (En annexe.(35) textes). Parmi tous ces textes, il y en a un sur qui nous nous attarderons particulièrement. (F et V n’ 3 page 22 ). Il s’agit de Ephésiens 5, 2 21-33
La raison qui pousse à retenir ce texte du NT plutôt qu’un autre dans l’Ancien Testament est que dans ce texte, Jésus Christ à travers Saint Paul nous donne l’explication du message qui en tout le concerne (Cf Ep5, 23 ; 25-27 et 32) « je suis venu pour accomplir, non pour abolir ». En lui, l’Ancien Testament atteint son sommet et son accomplissement parfait. (cf F et V n’3 page 22-23) De la part. du Christ, c’est le don total de soi jusqu’au sacrifice de sa vie pour supprimer le péché mort qui pesaient sur son épouse (Eglise) (Ep5, 2) Devenu vainqueur, il prend un soin permanent de son épouse, de sa beauté (Ep5, 21-26 et 27) de sa subsistance (Ep5, 29) et de sa fécondité (Ep5, 30) Le comportement du couple chrétien devra aller jusqu’au bout de son modèle même en ce domaine. Ainsi, les femmes doivent se soumettre à leur mari (Ep5, 21) le modèle, c’est la soumission de l’Eglise au Christ. Cette soumission se manifeste par une dépendance, une obéissance et une conscience d’appartenir à son mari.
Voici les raisons de la soumission de la femme à son mari. Elle se soumet à son mari pour : > plaire et obéir à Dieu > protéger son foyer contre les assauts du diable. > Témoigner du respect à son mari. > Aider son mari à accomplir son rôle de chef de foyer > Etre libre et s’épanouir elle-même > Donner un bon exemple à ses enfants > Etre un témoin vivant dans ce monde de rebellions et de désordre
2- Les maris doivent aimer leur femme : (Ep5, 25a). Le modèle, c’est l’amour du Christ pour l’Eglise (Ep5, 25b-10) « le mari est le chef de sa femme comme le Christ est le chef de l’Église qui est son corps et dont il est le sauveur » (Ep5, 23). L’amour conjugal authentique exige de la part de l’homme un profond respect à l’égard de la dignité de sa femme. Sur cette base St Ambroise dit : « Tu n’es pas son maître, mais mon mari ; elle t’a été donnée pour femme et non pour esclave » (Séminaire n’7 du SN/RFDV)
« Aimer sa femme, c’est aimer soi-même. Car nul n’a jamais haï sa propre chair, on la nourrit au contraire et on en prend bien soin. » (Ep5, 28b-29). Aimer c’est en somme être responsable de l’autre et le prendre en charge dans son édification en lui créant les conditions qui participent de son bonheur. (Ep5, 26-27)
Dans le plan de Dieu, l’homme est destiné à être le chef, c’est-à-dire le responsable de son foyer. Mais pour que le mari réussisse dans sa mission il est indispensable qu’il l’assume dans un esprit de serviteur. Jésus n’a-t-il pas dit : « si quelqu’un veut être le grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ? » (Mt 20, 25)
Conditions pour que le mari exerce convenablement son rôle de chef de foyer : il doit >Etre soumis à Dieu. Toute autorité vient de Dieu parce que Dieu est l’auteur de tout le créé. (Ph2, 5-7) >exercer dans le foyer une autorité déléguée >Etre obéissant à Dieu. (Ph2, 8)
Il- FINS ET PROPRIETES DU SACREMENT DE MARIAGE II-1-FINS DU SACREMENT DE MARIAGE A-1 Vie communautaire divine Dieu est Amour. S’il n’y avait pas trois personnes en Dieu, Dieu ne serait pas un Dieu d’amour. C’est parce que Dieu est Amour qu’il est trinitaire : Le Père est l’amour donné. Il se donne totalement à son Fils. Le Fils est l’amour reçu du Père. Il a un besoin infini de tout recevoir du Père. (M26, 42 ; Jn l 7, 1-26) Le lien d’amour qui existe entre le Père et le Fils s’appelle le Saint-Esprit qui est l’amour échangé (Séminaire Vie affective n° l du RFDV)
A-2 Vie communautaire des époux L’homme est de nature pécheresse. Sa vocation primordiale est d’aspirer à la sainteté. « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait » Il faut donc quitter l’amour de pécher et atteindre l’amour de sainteté, l’amour agapè. (1 Cor 1 3, 1-13) L’amour agapè est le ciment qui aide les époux à accomplir les tâches dans le ménage pour se conduire ensemble dans la sainteté. Il faut donc favoriser ; l’amour et son accomplissement dans le foyer. Quand un couple vit le difficile problème, n’être qu’un en restant deux, (Gn2, 24 ; Mtl9, 5) comment ne penserait-il pas à l’étonnant mystère de la trinité ? (cf Séminaire vie affective n’2) Le couple est composé de deux baptisés qui s’unissent dans le Seigneur et forment une communauté. Cette communauté a déjà un lien intrinsèque avec Dieu. Elle n’est plus une communauté quelconque. C’est pourquoi on s’accorde aujourd’hui à dire que la famille chrétienne est l’image de la sainte Trinité. Que doit être la vie de la famille humaine face à cette réalité de Dieu trinitaire ? Le révérend Père Marcel du foyer de la charité d’Aléjo au Togo en 1988 au cours d’une prêche disait : Le Père symbole le mari Le Fils symbole les enfants La femme est le lien d’amour entre le mari et les enfants. La sainte famille de Nazareth reste le modèle incontestable de toute famille Chrétienne. Quand un mari découvre la paternité, ne devient-il pas pleinement capable de comprendre la paternité de Dieu, « Notre Père », qui comme la sienne, nourrit, attend, pardonne et se dévoue ? Quand un couple vit ses gestes d’amour, et notamment le plus important, l’acte conjugal, comment ne songerait-il pas à cet autre geste d’amour, inventé par Dieu, « L’EUCHARISTIE », acte charnel de communion et de don ; ceci est mon corps livré pour vous ? St Augustin dit « Devenez ce que vous recevez le corps du Christ » (Séminaire vie affective, N’ 2 RFDVI)
A-3 LA PROCREATION ET L’ EDUCATION DES ENFANTS Du mariage, la procréation et l’éducation des enfants sont donc la fin primaire du couple chrétien. Le créateur bénit l’homme et dit : « Soyez féconds et multipliez-vous (Gn1, 28) Ainsi Dieu, dans sa bonté a voulu associer les hommes à son oeuvre créatrice pour enrichir sans cesse sa création. L’homme et la femme coopèrent donc à l’amour de Dieu créateur. C’est pourquoi le concile Vatican II dit que : « Par devoir qui leur incombe de transmettre la vie et d’être des éducateurs (ce qu’il faut considérer comme une mission propre), les époux savent qu’ils sont les coopérateurs de l’amour de Dieu créateur et comme ses interprètes. (GS 50 et 2) (16) Comme tel, les enfants tiennent une place de choix de très haute estime quand il affirme que : « Le mariage, et l’amour conjugal sont d’eux mêmes ordonnés à la procréation et à l’éducation, les enfants sont le dole plus excellent du mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes » GS 50 et 1 (1 7). Il suit de là, et c’est clair que l’enfant est un don qui vient de Dieu. Par conséquent, que les époux, dans leur manière d’agir sachent bien qu’ils ne peuvent pas se conduire à leur guise à la recherche de postérité, mais qu’ils ont l’obligation de se fier à la providence de Dieu. (cf Eglise de Cotonou nO3) De plus-il faut désirer l’enfant qui va naître. Ce désir du couple chrétien bien mûri, place forcément l’enfant, au centre de toutes ses préoccupations. Ce désir commence par chacun des deux époux. Ainsi, chacun mesure le degré de sa responsabilité dans la réussite de ce projet et s’y emploie. Ce désir d’enfant n’est souvent pas seulement une exclusivité du couple. Les parents et amis s’y intéressent et exercent au besoin des pressions sur le couple qui peut-être voudrait se donner plus de temps. Un enfant conçu dans ces conditions ne peut pas être l’objet d’un quelconque avortement. Au contraire, il est attendu, bien accueilli à sa naissance et bien aimé de tous, surtout par ses parents. Il entre entièrement dans la vie de ses parents qu’il change, qu’il remodèle. Il occupe l’essentiel du temps de ses parents et absorbe l’essentiel de leur budget. ( 18 °séminaire vie affective du RFDV 1 9) La charte des droits de la famille en son article 5 dit : « parce qu’ils ont donné la vie à leur enfants, les ’parents ont le droit original, premier et inaliénable de les éduquer : C’est pourquoi ils doivent être reconnu comme les premiers et principaux éducateur de leurs enfants. « L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a » (concile le Vatican II) Lorsque au regard des exigences de sa vie, un couple arrive à répondre sincèrement aux questions suivantes : Pourquoi avoir d’enfants ? Combien faudra-t-il en avoir ? Quand faudra-t-il en avoir ? Il ne lui reste qu’à rechercher les moyens de mise en oeuvre de son programme de procréation. (Séminaire vie effective du RFDV) (20) L’affirmation de la procréation comme étant la fin première du mariage ne peut servir à couvrir et à justifier le divorce et à la polygamie, car pour l’Eglise ce qui fait le mariage, ce n’est point l’enfant, mais le consentement des époux. (Eglise de Cotonou)(21) « Le caractère indissoluble de l’alliance établit le lien entre les époux, tout comme celui des enfants requiert l’amour mutuel des époux et le tout s’exprime dans la droite ligne, progresse et s’épanouit. Si contrairement au voeu souvent très vif des époux, il n’y a pas d’enfant, le mariage demeure, et il garde sa valeur et son indissolubilité. » (GS 50 et 3)(22) La stérilité par ailleurs, n’empêche ni ne rend invalide le mariage. Les couples ne doivent donc majorer outre mesure la gravité de ce problème car même si tous traitements médicaux n’aboutissement à aucune solution positive tout foyer doit se rappeler que la procréation n’est pas le tout de la vie du couple, il y a l’amour conjugal. C’est pourquoi nous souscrivons à l’affirmation du Père Riquet qui parlant de l’aide mutuelle des époux comme fin secondaire du mariage déclare que « secondaire n’a pas le sens d’accessoire ou de facultatif ». Les raisons tirées de la procréation ne sont donc pas l’unique fondement du mariage ; ce dernier a d’autres fins qui lui sont essentielles. Le foyer conjugal constitue pour les époux une véritable école des vertus humaines et chrétiennes ; solides et durable. Au rang de ces vertus, l’amour conjugal tient une excellente place. En effet. comme il est dit par le Pape Paul VI et commenté par Roger HECKEL, l’amour conjugal c’est avant tout : Un amour pleinement humain, c’est-à-dire à la fois sensible et spirituel destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul coeur et une seul âme... C’est un amour total, c’est-à-dire une forme toute spéciale d’amitié personnelle par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses sans réserves, ni calculs égoïstes. C’est encore un amour fidèle et exclusif jusqu’à la mort. C’est bien là le dessein de Dieu à la création ; Dieu créa l’homme et vit qu’il n’est pas bon qu’il soit seul, aussi décida -t-il de lui donner une aide, une créature qui lui soit assortie. Et quand l’homme vit la femme, il s’écria de tout son être : « celle-ci est l’os de mes os, la chair de ma chair. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et les deux ne feront plus qu’une seule chair. (Gn2, 24) C’est enfin un amour fécond qui ne s’épuise pas dans la communion entre époux mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. (Cf Eglise de Cotonou n°3 pages 7,8et 9) (23).
II-2 PROPRIETES DU SACREMENT DE MARIAGE Par la force de l’esprit qui se déploie dans le sacrement du mariage, les époux deviennent après l’échange de consentement don de soi l’un pour l’autre. Alors, se réalise en eux ce que la parole de Dieu nous dit dans Met 19,5 : « l’homme quitte père et sa mère et s’attache à sa femme et les deux deviennent une seul chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chaires, De ce mystère découle les propriétés du mariage chrétien qui sont : Unité : L’amour des époux exige par sa nature, l’unité de leur communauté de personnes qui englobe toute leur vie. (Corps, caractère, coeur, intelligences ; volontés, âmes). La polygamie s’oppose radicalement à une telle communion. Elle nie en effet de façon directe le dessein de Dieu tel qu’il nous a été révélé au commencement. Elle est contraire à l’égale dignité personnelle de la femme et de l’homme, lesquels dans le mariage se donnent dans un amour total qui de ce fait même est unique et exclusif L’égale dignité personnelle qu’il faut reconnaître à la femme et à l’homme dans l’amour plénier qu’ils se portent l’un à l’autre fait clairement apparaître l’unité du mariage, confirmée par le Seigneur. (Cf FC page 36 et 37), (24) Cela signifie une unité indéfectible de leurs deux vies à l’image de l’union du Christ avec l’Eglise. Indissolubilité : C’est le caractère défini de l’amour conjugal. Dieu attend des époux une attitude positive et constructive, lorsque nous traversons des difficultés, des crises. La communion conjugale se caractérise non seulement par son unité, mais encore car son indissolubilité : « Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité. » (FC page 37) 26. Dieu n’approuve pas le divorce, ceci ne doit pas devenir une solution facile, une espèce de fuite pour les couples qui ne seraient pas en mesure résoudre leurs problèmes conjugaux. Ainsi, faute de pardon et de réconciliation, une telle situation débouche dans la séparation et la rupture définitive du lien matrimonial. L’Eglise comprend les drames et les traumatismes qui découlent de certains échecs irrémédiables du mariage, et offre un accompagnement spirituel dans la pastorale du mariage en y associant d’autres compétences. De même, l’Eglise, fidèle à sa mission du salut des âmes, a prévu l’institution du tribunal ecclésiastique en vue d’ouvrir des procès matrimoniaux susceptibles d’aboutir ou non à la dissolution ou la déclaration en nullité du mariage, conformément au code de droit canonique. (CE Document du tribunal ecclésiastique de Cotonou) (27). Mais le Pape Paul VI affirme que « la doctrine de l’Eglise est fondée sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative... » (FC page 60) (28). Le chemin du bonheur conjugal ne consiste pas à se débarrasser de son ou de sa conjoint(e) pour éventuellement en trouver un ou une autre conjoint(e), mais plutôt à devenir soi-même, par la grâce et la puissance de Dieu, un ou une meilleure conjoint(e). (Séminaire vie affective n°8 du RFDV). (29) A cet effet, témoigner de la valeur inestimable de l’indissolubilité du mariage et de la fidélité conjugale de nos j’ours est, pour les époux chrétiens un des devoirs les plus importants et les plus pressants. C’est pourquoi en union avec tous les Evêque du Synode, le Pape Jean-Paul Il loue et encourage tous les couples et ils sont nombreux, qui au milieu de grandes difficultés gardent et font grandir ce bien qu’est l’indissolubilités ils assument ainsi d’une manière humble et courageuse, la tâche qui leur a été donnée, d’être dans le monde un « signe », signe discret et précieux, parfois soumis à la fidélité inlassable de l’amour de Dieu et de Jésus-Christ pour tous les hommes, et pou.- tout l’homme... » (FC page 39) (30)
Conclusion Les époux doivent chercher à imiter Dieu comme des enfants bien aimés et suivre la voie de l’amour à l’exemple du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous. Car tout ce qui vient d’être dit est la démonstration de ce que le mariage est dès les origines une institution voulue par Dieu et doté de ses caractéristiques. Le mariage est non seulement une alliance entre Dieu et les époux, il est aussi ordonné à la procréation et à l’éducation des enfants. Il engendre une communauté de personnes liées pour le même but, le même idéal, devant vivre en symbiose pour atteindre la sainteté. A cet effet Charles Péguy dit : « l’homme et la femme sont comme deux mains jointes pour une éternelle adoration ou deux poignets liés pour une éternelle réprobation ». Que Marie Mère des foyers nous accompagne et nous aide à lui ressembler pour une éternité d’amour. Amen !