Profession Perpétuelle de dix Jeunes Professes et les Noces d’Argent et d’Or

Homelie de Monseigneur Victor AGBANOU

Chères Sœurs et chers frères,

Cette fête de l’Assomption du 15 août 2010 sera marquée en lettres d’or dans votre cheminement spirituel. Comme le veilleur qui attend l’aurore, vous demandiez où en était la nuit. Vous l’attendiez, ce jour, ou plutôt le Seigneur vous attendait pour vous accueillir et vous faire monter avec lui dans le temple de son saint service ;

2- Le seigneur qui ne fait rien au hasard, a voulu que vos vœux perpétuels soient célébrés en cette solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie. Le psaume responsorial de ce jour est bien expressif de cela que vous vivez et cherchez auprès du Seigneur. Le jour des vœux perpétuels est un peu comme un jour de l’assomption en Dieu de tout notre être, la marque totale de Dieu, du moins encore en gestation dans nos vies mortelles et pélégrines.

Ecoute, ma fille ! regarde et tends l’oreille : oublie ton peuple et ta famille ; le roi sera séduit par ta beauté ! C’est lui ton seigneur, prosterne-toi devant lui.

Alors, les plus riches du peuple, Chargés de présents, quêteront ton sourire. Fille de roi, elle est là dans sa gloire Vêtue d’étoffe d’or ;

On la conduit, toute parée, vers le roi. Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; On les conduit parmi les chants de fêtes : Elles entrent au palais du roi

A partir d’aujourd’hui et plus que jamais le Seigneur Jésus est pour vous l’Unique Maître vers lequel vous tendrez vos oreilles pour qu’il vous parle cœur à cœur, vers lui seul vous devez tendre, de tout votre être ; Il vous veut tout entière à lui reconnu comme Seigneur, comme l’unique objet de votre souci et de votre service ; votre vie à sa suite, mieux en sa compagnie, doit devenir comme une liturgie continuelle. Ecoutons St Paul nous le redire d’une autre façon : Je voudrais que vous soyez exempts de soucis. Celui qui n’est pas marié a souci des affaires du Seigneur : il cherche comment plaire au Seigneur.

Mais celui qui est marié a souci des affaires du monde : il cherche comment plaire à sa femme, et il est partagé. De même, la femme sans mari et la jeune fille ont souci des affaires du Seigneur, afin d’être saintes de corps et d’esprit. Mais la femme mariée a souci des affaires du monde : elle cherche comment plaire à son mari. Je vous dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour que vous fassiez ce qui convient le mieux et que vous soyez attachés au Seigneur, sans partage.

Ecoute et tends l’oreille vers ton Seigneur !

oublie ton peuple et ta famille !

Pour vous désormais et à partir d’aujourd’hui, ce n’est plus la famille de sang qui comptera mais la vie dans la nouvelle famille de l’Eglise, constituée par ceux et celles-là qui écoutent et pratiquent la volonté du Père. « Qui est ma mère, qui sont mes frères et mes sœurs » nous dit le Maître, « ce sont ceux qui écoutent et font la volonté du Père ».

Oublie ton peuple et ta famille ! A ce sujet j’aurai un conseil bien utile et évangélique à vous donner. Bien souvent nous les hommes et les femmes de Dieu, nous sommes plus préoccupés par le devenir social et matériel de nos proches et familles que de la cause de Dieu. Sommes-nous bien à notre affaire, dans notre vocation, quand nous le faisons ? Laissons tout ce souci au Seigneur qui sait d’où il nous a tirés pour son service. « Lorsque je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » Ils répondirent : « De rien. » (Lc 22,35). Les soucis de ce genre ne peuvent que freiner notre élan vers les hauteurs où le Seigneur nous veut avec Lui. A bien des égards tout le reste n’est que vanité. Mais la Parole de Dieu n’est pas vaine : elle s’accomplit toujours pour celui qui a confiance en lui et heureux celui qui a cru que s’accomplira en lui la parole qui lui fut dite de la part du Seigneur. « Alors, les plus riches du peuple, Chargés de présents, quêteront ton sourire ». Ne croyez pas que ce sont des paroles flatteuses et promesses vides ! Pour l’œuvre de Dieu vous ne serez jamais des démunis et des abandonnés : « Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ». Mais volontairement nous devons apprendre à nous dépouiller en imitation de Maître qui s’est dépouillé pour nous enrichir

3- Les vœux que vous allez prononcez tout à l’heure s’insèrent en ligne droite dans l’inscription et l’acceptation de la marque totale de Dieu sur vous : l’écoute, le regard et l’abandon dont Marie, dans le mystère de l’Assomption nous livre le message. C’est le mystère de la présence de Dieu en elle, de la plénitude. Emportée tout entière vers le ciel, expression et symbole du rayonnement total de Dieu en elle, elle qui se laisse envahir, transformer par Dieu. Et Dieu veut rayonner en tout être. Sur ce chemin, Marie est première de cordée. Cette fête de l’Assomption nous invite à revisiter toute notre vie, avec ses projets, -nos amitiés, nos affections, nos joies et nos échecs- en prenant conscience qu’elle est appelée à porter pleinement la marque de Dieu. Il s’agit de laisser éclore en nous cette conviction que tout instant de nos vies est marque d’éternité. Peu importe dès lors que le combat entre le dragon et la femme, entre le pouvoir de la mort et celui plus tenace encore de la vie nous morde et nous dure ; l’issue est notre destinée éternelle, notre salut en Dieu.

4 - Notre état de vie consacrée nous la recevons comme une grande grâce de la miséricorde divine, et nous devons le vivre comme une contribution généreuse à notre monde en quête de repères spirituels et véritablement humains et humanisants ; une vie dans l’obéissance, dans la pauvreté et la chasteté, à la suite du Christ est reflet du royaume de Dieu dans nos vies. Ces vertus de conseils évangéliques sont des auréoles que nous donne le Seigneur ; loin d’entraver notre liberté, ils sont comme des phares pour nous et nos frères et sœurs, une réponse audacieuse aux appels de l’Evangile.

5 -Les nouveaux refrains et couplets du chant d’amour et d’abandon de votre vie, vous allez commencer à les chanter devant nous maintenant. Nous souhaitons qu’ils soient beaux et agréables à nos oreilles et donnent de la joie à nos cœurs. Chantez-les aujourd’hui, et demain et toute votre vie devant Dieu et devant les femmes et les hommes qui cherchent Dieu ; chantez-les toujours avec la même jouvence et la même joie et disponibilité qu’aujourd’hui. Comme Marie, la Vierge de l’Assomption, que votre âme exalte toujours le Seigneur. Du haut du Ciel qu’elle intercède pour nous

Publié le 2 septembre 2010.

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