CHRONIQUE SACERDOTALE

Prêtre, quel est ton nom ?

49ième émission

Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).

Le prêtre est communément désigné du nom de père ou de Monsieur l’Abbé. Une certaine habitude ou manière de faire appellerait Abbé le prêtre rattaché à un diocèse et père le clerc religieux membre d’un Institut religieux. L’habitude a été prise aussi d’appeler père le supérieur ou le premier responsable d’une maison religieuse, d’un séminaire voire d’un Institut afin d’éviter toute confusion avec les autres prêtres de la communauté désignés sous le vocable d’Abbé. Rappelons aussi que, par une extension et par une anticipation pleine d’espérance, les grands séminaristes de chez nous ne dédaignent pas de s’entendre appeler ‘’Monsieur l’Abbé’’. En eux on anticipe sur ce qu’ils sont appelés à devenir en les appelant du nom qu’ils porteront une fois dans le sacerdoce ministériel de Jésus-Christ. A la vérité, le terme Abbé est une pure transposition de Abba qui, dans la langue de Jésus, veut dire père, mon père. Abbé et père étant reliés entre eux par un lien de synonymie, les deux sont fondés à désigner la même personne ainsi que la même et unique réalité à un point tel que tout prêtre peut être indifféremment appelé Abbé ou père ! Beau et noble titre en effet que celui de père ! Titre qui est invitation à accepter et à porter une charge, toute une charge ! Titre et nom que Jésus défend d’ailleurs à ses disciples de donner à personne sur terre : « n’appelez personne père sur la terre, car vous n’avez qu’un seul Père qui est aux cieux et vous êtes tous des frères. » Interdiction renforcée par la difficulté que, dans une communauté chrétienne, le prêtre n’est point le seul à se prévaloir de ce titre de père. Retenons que, quel que soit le nom ou le titre que nous mettrons au dos ou au front du prêtre, nous resterons toujours dans une approximation peu ou prou juste de ce qu’est le prêtre ; les noms et les titres de père, Abbé, pasteur, Directeur, sacrificateur, envoyé, consacré et autres appellations sorties du génie de l’inventivité de l’homme ne diront jamais suffisamment ce qu’est le prêtre ; nos dénominations ne rejoindront jamais l’essentiel du prêtre, l’essentiel en le prêtre, l’essentiel pour le prêtre ! Nos dénominations rejoindront un aspect de la vérité et de la réalité du prêtre. Les noms par lesquels nous désignons le prêtre lèvent un petit coin de voile sur ce qu’est le prêtre. Car on ne parlera du prêtre en rigueur de termes sans le référer à Quelqu’un d’autre, à Jésus-Christ, au Prêtre éternel, à l’Unique Prêtre ! Ainsi donc, pour comprendre et approcher le mieux de ce qu’est le prêtre, il faut partir de Jésus-Christ dans le sacerdoce de qui le prêtre est fait prêtre ! Il faudra donc revisiter Jésus-Christ, dans son nom et sa vie, dans son projet et sa mission, dans son œuvre et dans son action, dans ses desseins et dans sa volonté. Le prêtre n’existe qu’en relation à Jésus-Christ. Le prêtre est absolument, complètement, tout à fait relatif à Jésus-Christ ! Retirez Jésus-Christ de la vie du prêtre, et vous empêchez le prêtre d’exister, d’être ! Sans Jésus-Christ, pas de prêtre, point de prêtre ! Le prêtre est prêtre en Jésus-Christ ! Dans sa racine étymologique ainsi que dans le déploiement actif de son ministère ! Mise au point capitale en ces dernières années où les termes prêtre, messe et autres concepts-clés du catholicisme sont volés, usurpés et maladroitement utilisés ! Il faut mettre fin au mimétisme nauséabond, à la transposition de mauvais aloi. Le prêtre est en Jésus-Christ, Fils éternel du Père et Fils de la Vierge Immaculée selon le temps et l’espace !

Abbé Frédéric Serge KOGUE

Publié le 17 juin 2010.

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