Chronique Sacerdotale

Prêtre pour une vie eucharistiée

64ième émission

Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).

La vie du prêtre est eucharistiée, renouvelée, transformée, transformée d’une transformation avant tout, intérieure ! Saint Augustin explique que, dans l’eucharistie, ce n’est point nous qui assimilons en nous cette nourriture corporelle, mais c’est elle qui nous assimile en elle, en sorte que nous prenions la forme du Christ, que nous devenions membre de son Corps, que nous devenions « un » en Lui. A la Cène, la parole du prêtre produit le miracle dans la puissance de l’Esprit Saint ; de sa parole, sort la transformation :
-  Transformation d’un geste de violence et d’injustice vis-à-vis de Jésus en un geste de don de soi que le prêtre célèbre à la Cène !
-  Transformation de la haine en pardon en laissant non pas exploser mais imploser au-dedans de soi tout ce qui est haine !
-  Transformation d’un pauvre corps mortel en un corps glorieux, dilaté par l’amour au matin de Pâques !
-  Transformation de la création tout entière symbolisée par le pain et le vin, création toujours en travail d’enfantement, en un univers rassemblé et réunifié par le Christ ! L’eucharistie est gage de transformation. Et il n’est de transformation véritable qui ne soit d’abord intérieure. Voilà pourquoi, par l’eucharistie, par son eucharistie, le Christ assume et intègre toutes les transformations en les rapportant au changement de nature qui fait que le pain devient le corps du Christ, et le vin, le sang du Christ. Le prêtre proclame à temps et à contretemps, à la face du monde, au nom de l’eucharistie, que notre vie et notre monde sont appelés à l’urgence de la transformation, à l’urgence d’une transsubstantiation selon les termes de Thomas d’Aquin. Les Pères de l’Eglise préfèrent parler de conversion, conversion qui n’est possible que parce que, à chaque eucharistie, Jésus opère en nous sa transformation. Ainsi par le prêtre, le Christ travaille à ce que femmes et hommes aient une vie eucharistiée. La vie du prêtre est eucharistiée, transformée. Là réside un mystère inépuisable. Depuis le jour de son ordination, la grâce du Seigneur a épousé les contours et le pourtour de son existence et de ses fragilités pour lui faire accoucher d’une existence nouvelle qui ne se justifie qu’à la lumière de la mission terrestre du Christ. Cette mission rend le prêtre capable de prononcer ces paroles d’une rare folie et d’une somptueuse déraison : « Ceci est mon Corps ; Ceci est mon Sang » ou encore « je te pardonne tous tes péchés… » Ce sont des paroles exclusivement sublimes, porteuses de salut ; ce sont des paroles qui font advenir le salut, hic et nunc -ici et maintenant- ; par ces paroles, Dieu règne sur le monde ; par elles, Dieu a prise sur notre existence ; par elles, Dieu sanctifie et féconde notre existence. Qu’en serait-il si nous n’avions le prêtre ? Qu’en serait-il si nous n’avions le sacrement de l’Ordre ? Jean-Marie Vianney répond : « Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas Notre-Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir [à cause du péché], qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre... Après Dieu, le prêtre c’est tout... Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel. »

Père Frédéric Serge KOGUE

Publié le 25 août 2010.

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