
Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).
Oui, prêtre pour la guérison ! Dans un monde où nos contemporains restent plus que sensibles à la guérison, un monde où nos sœurs et frères en humanité courent à la guérison, dans un monde où quantité d’âmes courent après la guérison. Et pour cause ! Ils sont nombreux les malaises et les maladies qui enserrent tant de personnes dans leurs liens ! A un point tel que les MOTS pour dire les MAUX que nous souffrons ne sont pas toujours les plus évidents ! Heureusement que Jésus est Sauveur ; mais que sauve-t-il ? Que sauve-t-il en effet s’il n’apporte à l’homme une guérison plénière et entière, une guérison totale et totalisante : la guérison du corps et du cœur, la guérison de l’âme et de l’esprit, la guérison de l’intelligence et de la mémoire ! Par le prêtre, la guérison que Dieu opère est à un double embranchement : elle peut être spectaculaire… comme ressusciter un mort, guérir un aveugle-né, libérer un possédé... Mais la guérison peut être aussi dans la discrétion et dans le silence des plus belles œuvres divines comme communiquer la vie de Dieu dans les sacrements, relever un estropié moral, redresser un déçu de la vie, réconforter un malheureux... Dans l’un et l’autre cas, Dieu est à l’œuvre en cet âge, Dieu est à l’œuvre en nos vies. C’est par le truchement du prêtre que Dieu est à l’œuvre, que Dieu déploie son œuvre à notre âge, dans notre temps. La présence et le ministère du prêtre sont déterminants au cœur d’une société où femmes et hommes ont tendance à appeler puissance et guérison divine le fait que Dieu broie la mâchoire à leurs ennemis, le fait que Dieu défonce le crâne à celles et ceux qui nous enquiquinent, le fait que Dieu guérisse illico les nôtres, parents, amis et connaissances en proie à une atteinte réputée grave, gravissime. En tête du peloton des maladies auxquelles l’homme est en proie, il faudra tout de suite inscrire la mauvaise conception de l’identité de Dieu. Le Dieu briseur de guerre s’est laissé briser par son propre amour ; et le Dieu des armées s’est laissé désarmer jusqu’à la croix. Il n’a d’ailleurs cessé de rappeler que Dieu est Amour. Amour est son nom. Et l’homme est malade, tout l’homme est malade d’une maladie qui n’est pas forcément physique, d’une maladie qui n’est pas forcément biologique, organique. Pour cet homme et pour tout l’homme, le ministère de guérison est remis entre les mains du prêtre, ministère qui peut être différent à divers égards de celui confié aux médecins appelés à traiter et à soigner les maladies du corps et des organes du corps selon les ressources et les méthodes de leur art propre. Cependant le prêtre est médecin et participe à la guérison des hommes au niveau de leurs relations à Dieu. Sa compétence est de l’ordre d’une guérison à géométrie variable ; il opère la transformation du cœur, il œuvre au renouvellement de la conscience, il travaille à la conversion des vies. En un mot, il oriente vers la sainteté et vers la sainteté de Dieu. La guérison qu’il apporte est absolument entière et plénière : guérison spirituelle grâce à la grâce qui vient d’en haut, guérison psychologico-morale grâce à son accompagnement, guérison physico-corporelle grâce précisément à son intervention auprès du Très Haut et grâce aussi à l’efficacité indiscutable de l’unique ministère dont il est à la fois le garant et le dépositaire.
Abbé Frédéric Serge KOGUE