Les émissions « Chronique sacerdotale » sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).
Le prêtre est un homme d’écoute, un homme de grande écoute, un homme d’une grande qualité d’écoute ! Car, pour lui, écouter est le plus grand cadeau qu’il peut à quiconque vient à lui. Ecouter dans la sphère de la relation prêtre-fidèle est beau ; en écoutant, le prêtre confirme, sans mot dire, par le clignement des yeux, par la mimique du visage, par le balancement du sourire, par l’attention soutenue, que toute rencontre est fête et joie, que l’homme a du prix aux yeux du Seigneur, que le Bon Dieu ne ferme la porte à personne, que la vie sera toujours plus forte que la mort, que la souffrance, même si elle semble durer encore, est à jamais vécue. Mais écouter, c’est d’abord se taire, c’est commencer à faire silence pour laisser le boulevard à l’écoute et à l’écoute seule, exclusive en prenant garde de transformer ce que dit l’autre en occurrence pour parler de soi. Ecouter, c’est se mettre à la portée de l’autre pour lui signifier la règle d’or suivant laquelle : « tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux. » Pour le prêtre, l’écoute prend une dimension essentielle, primordiale ; il s’agit non pas d’écouter, mais d’écouter et d’accueillir à la manière de Jésus, comme Jésus, à la place de Jésus lui-même. Pour Jésus, écouter revient à faire une place pour l’altérité, accueillir le plus faible, avec la femme ainsi que l’homme aux mains vides, accueillir le plus stigmatisé, accueillir la Vie en ce qu’elle pourrait avoir de dérangeant, de handicapant, de pénible. Il s’agit d’une disposition sacerdotale majeure qui comble toute existence presbytérale en la nourrissant de l’intérieur, c’est une disposition à pouvoir entrer en relation ; la règle de Saint Benoît enseigne que « tout hôte sera reçu comme le Christ. » Ecouter, c’est aussi écouter au nom de l’Eglise, écouter par l’Eglise, écouter pour l’Eglise. Nombreux sont en effet celles et ceux qui frappent à la porte de l’Eglise avec au cœur, une envie de parler et un besoin d’être écouté ! Ceci oblige à travailler l’écoute de l’autre, devenir instant après instant convaincu que l’autre cache un trésor à percer, être persuadé que chaque histoire humaine, si blessée paraisse-t-elle, est une histoire sainte, car tout homme est une histoire sacrée. Toute cette capacité appelle et suppose une autre capacité non moins essentielle, capacité première d’écoute de soi. Aucun prêtre ne peut en écouter d’autres s’il perd la faculté et la grâce de pouvoir s’écouter soi-même. En fait l’écoute sacerdotale expose le prêtre à autrui, à son vis-à-vis, elle le rend vulnérable et pourrait même le faire bouger intérieurement. Il faut absolument que le prêtre sache retenir et contenir ses propres volcans intérieurs ainsi que les émotions dont il déborde parfois et dont il ne sait pas trop d’où ils surgissent ! La Vierge, celle qui sait garder toutes choses en son cœur pour les méditer, la Vierge, Notre Dame de l’écoute, introduise les prêtres de son Fils, dans cette splendide dynamique de l’écoute salvifique ! Amen !
Père Frédéric Serge KOGUE