
Samedi 19 septembre 2009. Date désormais inoubliable dans la vie des fidèles chrétiens de la paroisse Saint Michel de Cotonou. Ils étaient environ 4000 fils et filles de cette paroisse, ensemble avec leur Curé, le Père Jonas Ahouansou et ses vicaires à se rendre en pèlerinage à la Porte du Retour sise à la plage de Ouidah sous la présidence de Mgr Marcel Honorat Léon Agboton, archevêque de Cotonou.
Événement extraordinaire !
D’où viennent-ils et où vont-ils ce matin, tous ces bus et muni bus bondés de gens en tissus uniformes sous escorte de la gendarmerie et de la police nationale ? C’était la question que beaucoup d’usagers de la voie inter Etats Cotonou–Ouidah se sont posée à la vue des 120 cars (bus) transportant en file indienne, les fidèles de la paroisse Saint Michel de Cotonou à la plage de Ouidah ce samedi 19 septembre. Ils sont près de 4000 pèlerins, habillés en tissus uniformes à l’effigie de l’Apôtre Paul, à faire ce déplacement qui, selon le Curé Jonas Ahouansou, constitue un prolongement de la célébration de l’Année jubilaire de Saint Paul. Le thème du pèlerinage est à ce sujet, assez évocateur : « Sur les pas de Saint Paul, allons à la rencontre de nos missionnaires, pour le renouvellement dans la foi, la vérité et la charité ».
Partis de cotonou à 8h30 les pèlerins ont eu droit à la récitation du rosaire le long du parcours jusqu’à la Basilique Immaculée conception de Ouidah où seuls ceux qui sont dans les dix premiers bus sont descendus pour prendre part, au nom de tous et en communion avec tous leurs autres frères et sœurs qui ont continué sur la plage , grâce à la retransmission en direct sur Radio Tokpa et Kpassè, à une prière d’indulgence accordée par le Pape Benoît XVI à l’occasion du centenaire de la Basilique. Dirigée par le Père André Padonou, Recteur de la Basilique assisté du curé de Saint Michel, cette prière a été l’occasion pour les pèlerins de prier pour le Pape, à ses intensions et la conversion de chacun.
Une fois tout le monde à la plage après la prière à la Basilique, ce fut l’étape de la porte du salut, au mémorial du Jubilé de l’An 2000. Ici, c’est au Père Théophile Villaça ex-vicaire général du diocèse, qu’est revenu l’honneur d’entretenir les pèlerins quelques minutes durant sur l’histoire des premiers missionnaires, les péripéties qui ont conduit à la construction de la Porte du salut, sur l’Apôtre Paul, son message et sa place dans la mission évangélisatrice de notre temps.
Le maire Sévérin Adjovi, de la ville de Ouidah qui a bien voulu accueillir les pèlerins saluant l’initiative souhaite qu’elle se réédite chaque année et promet de s’investir davantage pour une plus grande réussite : « Venez souvent à Ouidah ; venez investir à Ouidah ; venez à la messe à Ouidah » a-t-il lancé aux pèlerins.
Le sommet du pèlerinage a été la messe chantée par l’ensemble des chorales de la paroisse, présidée dans l’enceinte de la Porte du Retour, à environ 300m de celle du salut, par l’archevêque de Cotonou, Mgr Marcel Honorat Léon Agboton et concélébrée par une dizaine de prêtres dont les pères Théophile Villaça et Georges Laborde-Barbanègre, ancien vicaire de Saint Michel sous le Curé Daniel en 1959 et actuellement en service dans le diocèse de Pontoise au nord de Paris.
Méditant avec la foule des pèlerins les textes de la liturgie de ce samedi 19 septembre et les résumant en un mot, Mgr Agboton invite l’assistance à la persévérance. Et il affirme : « Persévérer dans l’appel reçu, persévérer dans la vocation du départ ». Il poursuit : « nous avons voulu marcher sur les pas de Saint Paul à la rencontre de nos missionnaires. Saint Paul, le grand missionnaire. Mais tout a commencé pour Paul par une grande rencontre. Paul a rencontré quelqu’un et cette rencontre a bouleversé toute sa vie. Si nous voulons aller sur les pas de Saint Paul, nous devons aussi commencer, comme Saint Paul, par cette rencontre-là. Ai-je rencontré réellement le Christ moi qui suis ici à la plage de Ouidah ? L’ai-je rencontré avant d’arriver ici ? L’ai-je rencontré dans ma maison ? L’ai-je rencontré sur mon chemin ? L’ai-je rencontré dans ma paroisse ? Si je ne l’ai pas rencontré, en tous cas ici, Il me donne rendez-vous pour que je le rencontre. C’est d’abord une démarche de rencontre que nous voulons faire ici à Ouidah ». Profitant du cadre de ce pèlerinage paroissial de Saint Michel, l’archevêque de Cotonou s’adresse à tous les fidèles chrétiens catholiques de son diocèse, de tous les autres diocèses du Bénin et finalement de tous les pays. Il déclare : « Je voudrais ici, à la plage de Ouidah, où les missionnaires mus par cette Parole de Dieu ont foulé le sol de notre terre, lancer cet appel à chacun et à chacune d’entre vous de la paroisse Saint Michel de Cotonou puisque vous êtes là, mais aussi à toutes nos paroisses du diocèse, à tous les chrétiens de notre diocèse où que vous soyez, dans quelque diocèse que vous soyez, dans quelque pays que vous soyez, à renouveler en vous la flamme de la rencontre avec le Christ qui vous envoie proclamer, embraser le monde de ce feu qui brûlait au cœur de Jésus, pour que partout où vous êtes ou vous passez, le Christ lui-même passe-là. Que ce soit le Christ qui aille à la rencontre de ceux et celles que vous rencontrerez. Je voudrais lancer cet appel à donner à notre vie chrétienne, sa dimension missionnaire ; sa dimension d’évangélisateur, sa dimension de témoins de la Parole de Dieu, partout où vous êtes, Parole de vie, Parole de vérité, Parole d’amour et de charité. Désormais pour nous, je voudrais dire, être chrétien du diocèse de Cotonou, c’est être missionnaire. Petits et grands, jeunes et adultes, hommes et femmes ; malades ou en bonne santé, que notre vie de chrétien devienne une vie de missionnaire, de bâtisseur de ce royaume de Dieu. Partout où le Seigneur vous envoie, soyez des missionnaires ; missionnaires jeunes, missionnaires adultes ; missionnaires prêtres, missionnaires religieux, missionnaires religieuses ; familles missionnaires. C’est la vocation qui est la nôtre. ».
Pour la paroisse Saint Michel de Cotonou, le prélat a souhaité que ce pèlerinage soit un pèlerinage de grâce ; de paix ; de santé pour chacun et pour chacune de nos familles ; un pèlerinage de foi plus vive, de charité plus vive, d’amour plus fort, de la vérité qu’est le Christ. Et ainsi, conclut Mgr, « d’un coin à l’autre, d’une paroisse à l’autre de notre diocèse, un seul chant retentira : Enikpa Mahou ! Enikpa Malia ».
Abbé René AGAINGLO et Monsieur Guy DOSSOU-YOVO