Mot de notre Père Augustin

LE PAIN A EU FAIM

Tout cela, pour que notre faim fût apaisée, notre sècheresse arrosée, notre faiblesse fortifiée, éteinte notre faute, enflammé notre amour.

L’aumône, en grec, veut dire miséricorde. Quelle miséricorde pour les malheureux peut être plus grande que celle qui a fait descendre du ciel le créateur du ciel, qui a revêtu d’un corps terrestre le fondateur de la Terre, qui a poussé celui qui, dans l’éternité ; demeure égale au Père, à se faire notre égal à nous aussi par la mortalité, qui a imposé l’allure d’un esclave au maître du monde, de sorte que lui, le pain, a eu faim ; lui, la satiété, a eu soif ; lui, la force, s’est rendu faible ; lui, la santé, fut blessé ; lui la vie, est mort. Tout cela, pour que notre faim fût apaisée, notre sècheresse arrosée, notre faiblesse fortifiée, éteinte notre faute, enflammé notre amour. Qu’elle plus grande miséricorde que celle, pour le Créateur, d’être, pour le Rédempteur d’être vendu, pour le Très-Haut d’être humilié, pour celui qui ressuscite d’être tué ? Il nous est prescrit dans les devoirs de l’aumône de partager notre pain avec celui qui a faim. Lui, pour se donner lui-même à nous qui avions faim, il s’est livré d’abord, pour nous, à ceux qui l’accablaient, il nous est prescrit de recevoir l’étranger. Lui est venu chez nos âmes, lui qui manifeste sa miséricorde sur tous nos péchés.
(Sermon 207, 1.)

Saint Augustin

Publié le 16 décembre 2009.

60. Notre diocèse

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