Mercredi 6 Octobre 2010

Mercredi de la 27ème semaine du temps ordinaire

J’ai été témoin un jour, et plusieurs fois après, d’un comportement de notre Cardinal bien aimé : son Eminence, Bernardin Card. Gantin. Il m’avait fortement impressionné ce jour-là, alors qu’il finissait à peine de donner le Corps du Christ à l’une de ces grandes messes pontificales dont il a le charisme. Pendant l’action de grâce, après la communion, malgré les multiples mouvements ici et là à l’autel au moment de la purification des vases sacrés, malgré les chants populaires d’action de grâce, le Cardinal était ailleurs ; il avait les yeux fermés, les mains jointes au visage, la tête légèrement inclinée vers la poitrine, concentré mais serein, rayonnant de lumière. Il était ailleurs, dans un ailleurs meilleur. Il était toute en prière. Je crois, qu’il l’a appris d’une autre grande figure, le pape Jean-Paul II. Ce dernier lui aussi le tient d’un homme de prière. Et on peut remonter la chaîne jusqu’aux disciples qui nous ont laissé ce précieux héritage que le Seigneur leur a légué. Ces grands hommes sont des exemples de prière.

Les disciples de Jésus ont certainement fait une expérience similaire. Ils ont dû remarquer que Jésus leur Maître priait beaucoup. Il prenait la nuit pour prier, pour rencontrer son Père, pour nourrir son âme, et le jour, il allait de village en village, proclamant la Bonne Nouvelle et guérissant les maladies. Les disciples du Christ ont aussitôt compris que l’efficacité de la mission de Jésus se doit, pour une large part, à sa vie de prière. La prière était son secret. Alors les disciples s’approchent de Jésus et lui demandent de leur apprendre à prier. Quelle belle image que de voir l’ensemble des disciples exprimer, par leur porte-parole, leur désir d’aller à l’école de la prière, à l’école de Jésus. Cette démarche des disciples est si rare de nos jours. Je suis prêtre, il y a deux ans seulement. Mon expérience pastorale est si peu de choses devant celle de mes aînés de dix, vingt, trente, voire quarante, cinquante ans et plus. Mais je vous confesse que très peu de personnes sont venues exprimées leur soif d’apprendre à prier. Elles veulent plutôt qu’on prie pour eux et avec eux et avouent leurs difficultés à prier seule pendant dix minutes. La responsabilité est partagée à ce niveau. Une part revient aux pasteurs et aux responsables de communautés ecclésiales. Ils doivent être des hommes et des femmes de prière pour qu’à leur exemple, les fidèles chrétiens aient l’entrain pour la prière. Car, c’est en voyant Jésus prier que les disciples lui ont adressé leur requête. Il faut aussi une formation à la prière, qui s’adapte à leur vécu, à leur culture, une formation dans laquelle les fidèles ne sentiront pas étrangers, comme si cela ne répondait à rien dans leur existence.

En vérité mes frères et sœurs, personne ne naît avec des aptitudes naturelles à la prière ; On apprend à prier, de manière méthodique, selon les temps, les lieux, les motifs… C’est pour cela qu’on parle d’écoles de prières et de spiritualités. Il faut pour cela se rendre disponible, exercer sa volonté à la fermeté dans la décision et être instruits des voies et moyens pour une prière profonde. La prière en effet nous rend transparent à Dieu. Elle nous permet de connaître Dieu et sa Parole, de nous conformer à sa volonté, de l’aimer et de le servir dans nos frères et sœurs. Il faut toujours en demander la grâce à Jésus. Ce qu’il ne refuse d’ailleurs jamais de donner. On le voit qui apprend la prière par excellence à ses disciples : le Notre Père. Puissions-nous, nous aussi, comme les disciples, manifester notre profond désir de faire comme Jésus, en lui demandant de nous introduire dans l’intimité du Père, par la vie de prière dans l’Esprit. Amen.

P. Jean OUSSOU-KICHO

e-mail : jeanoussoukicho@yahoo.fr

Publié le 6 octobre 2010.

20. Repères