Mercredi 27 Octabre 2010

Mercredi de la 30ème semaine du temps ordinaire

Luc plante bien le contexte des propos du Christ. Jésus, dit-il, dans sa marche vers Jérusalem, parcourait villes et villages en enseignant. Il ne s’agit donc pas d’une partie de promenade. Jésus est ici en pleine mission, s’efforçant de gravir les montagnes, d’affronter la rudesse de la voie qui mène à Jérusalem. Il poursuit malgré tout son chemin vers le lieu de son supplice. Rien apparemment ne l’y détourne. Voilà que découvrant en lui les qualités d’un enseignant pas comme les autres, quelqu’un lui adresse une question qui rejoint nos préoccupations actuelles : « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? ». A cette question, Jésus ne répond ni par l’affirmative, ni par la négative. Il dit simplement « Efforcez-vous d’entre par la porte étroite car beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas ». Voilà mes frères et sœurs une réponse qui met en lumière notre responsabilité dans notre salut. La porte est ouverte et non fermée, signe de la volonté de Dieu de sauver tous ceux qui entreront par cette porte. Bien qu’ouverte, cette porte est étroite. L’étroitesse de l’ouverture nous fait comprendre que pour passer par cette porte, il faut consentir à des efforts. D’un côté, le salut est offert à Dieu pour tous ; de l’autre, il faut entrer dans ce salut en faisant effort.

L’effort dont il est question revêt quelques aspects qu’il est intéressant de découvrir dans la symbolique de la porte étroite. Du fait de l’étroitesse de la porte, Il faut avoir un corps capable d’y passer. Puisque la porte ne restera pas indéfiniment ouverte, il faut se lever très tôt et entrer dans les rangs. L’implication pour notre vie chrétienne est qu’il ne faut pas se surcharger de vents de doctrines. C’est aussi une invitation à une ascèse de vie, pour dépouiller son cœur de tout ce qui pourrait l’alourdir et ne lui faciliterait pas le passage dans le Royaume. De la même manière, ce n’est pas un privilège d’être un contemporain de Jésus. Tout le monde est logé à la même enseigne. Et si l’on ne se prend pas vite au sérieux pour se mettre en route, on risque de se voir fermer la porte au nez. Se vite lever signifie accepter les sacrifices inhérents à la vie de foi, les renoncements quotidiens, la volonté ferme d’obéir aux commandements de Dieu malgré les multiples sons de cloches qui appellent à la facilité, la résistance aux tentations de toutes sortes. Et Jésus ajoute pour nous réveiller de notre torpeur et de nos manques de décisions qu’écouter son enseignement sur les places publiques, manger et boire avec lui ne suffiront pas pour avoir accès au Royaume ; une autre manière christique de dire que venir à la messe, écouter la parole de Dieu et communier ne sont pas les licences pour intégrer le Royaume. Il faut vivre en logique avec ce qu’on écoute et prend : se convertir, donner sa vie en sacrifice pour nos frères.

Prions le Seigneur de nous donner son Esprit ; qu’il éveille nos cœurs à son appel et nous soutienne au long de notre pèlerinage sur la terre. Qu’il nous fortifie pour que le découragement ne nous arrive jamais sur le chemin de la conversion. Qu’il nous compte un jour parmi ses élus. Amen

P. Jean OUSSOU-KICHO

Publié le 27 octobre 2010.

20. Repères