Mercredi 25 Août 2010

Voici déjà le troisième jour d’une succession de sept interpellations où Jésus, dans son enseignement à la foule et à ses disciples, leur parle du comportement à avoir vis-à-vis des scribes et des pharisiens. Malgré le ton sévère du discours du Christ, il pourrait s’en trouver parmi nous qui se frotteront les mains et jubileront de ne pas être concernés par les propos du Christ. Beaucoup croient en effet que ces paroles de Jésus touchent les consacrés et les responsables de groupes de prières et de dévotions. Pour cela, avec un esprit malicieux, ils tendent l’oreille pour voir ce qu’ils diront de ces mots qui semblent les concerner spécifiquement. Chers frères et sœurs, c’est justement à ce niveau que nous passons à côté du message de l’Evangile de ce jour, et pourrons valablement être taxés de « malheureux ». Car le Christ ne s’adresse pas seulement aux pharisiens et scribes mais aussi et surtout à la foule et à ses disciples.
Aujourd’hui, il dénonce en un premier temps une certaine hypocrisie. L’image de « tombeaux blanchis » devenue célèbre traduit bien ce que veut signifier le Christ. L’extérieur des tombeaux est bien arrangé et mis en évidence mais le cercueil qui est à l’intérieur contient des ossements, avec beaucoup de puanteur. L’hypocrite, c’est celui qui paraît extérieurement ce qu’il n’est pas au intérieurement, excusez la tautologie. Il paraît innocent alors qu’il est l’instigateur et le cerveau pensant de tout le mal qui arrive à l’autre. Telle personne feint de prier longuement alors que sous son lit, il y a des fétiches redoutables. Jésus met en garde ses disciples contre une certaine contradiction entre une manière d’être extérieurement et celle intérieure et véritable. Il s’agit là d’une vie dans le mensonge, peut-être aux autres et à soi-même, mais pas à Dieu. Sous ce rapport ou un autre, nous sommes tous concernés par cette interpellation du Christ. Cet état de chose répugne fortement à Dieu. Jésus dénonce en second lieu la collaboration dans le mal des pharisiens et docteurs de la loi. Leurs ancêtres, guides du peuple, ont tué les prophètes. Eux pharisiens et scribes achèvent les rites des funérailles en donnant bel aspect aux tombeaux. D’ailleurs ils ne sont pas différents de leurs ancêtres homicides des envoyés de Dieu car, la décision de tuer le prophète par excellence de Dieu, Jésus, vient du conseil des pharisiens. Ils collaborent au crime de leurs ancêtres et le continuent. Chers frères et sœurs, si nous nous regardons sincèrement dans le miroir de la vérité, nous verrons que nous ne sommes pas très différents des pharisiens et scribes. Car il arrive bien souvent que nous colportons les conflits qui ne datent pas de notre génération et nous sommes même prêts à les transmettre aux générations futures en semant dans les cœurs de nos enfants l’héritage du rejet de la vérité sur nous-mêmes et surtout de la vérité venant de Dieu. Combien de personnes, sans tuer les messagers de Dieu au couteau ou au fusil, ne restent-elles pas volontairement sourdes à leur parole ? Elles tuent en eux la voix des prophètes, la voix du Fils de Dieu en rejetant certains aspects de sa parole particulièrement exigeants pour nous.
C’est le moment pour nous de faire notre examen de conscience personnelle et communautaire dans la mesure du possible, pour nous situer devant le Seigneur tels que sommes et prendre des résolutions fermes allant dans le sens de notre propre conversion. La gravité des propos du Christ reste un appel à ne pas tomber dans de telles dérives et surtout à se remettre en cause de jour en jour pour une conversion toujours renouvelée au Seigneur.

P. Jean OUSSOU-KICHO

Publié le 25 août 2010.

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