Mercredi de la 25ème semaine du temps ordinaire.
« Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons ».
Voilà mes frères, le commencement apostolique du mouvement missionnaire. Les disciples reçoivent la mission du premier et vrai missionnaire du Père, le Christ. Cette obéissance inconditionnelle des disciples montre que toute mission découle du Père en passant par le Fils. Il ne faut donc pas banaliser la tâche des missionnaires de notre temps : ils sont les ambassadeurs du Fils selon la volonté du Père. Par eux, c’est le Christ qui continue d’enseigner et de guérir son peuple dans la puissance de son Esprit. C’est le Père qui continue de manifester son désir de voir le salut accorder à tous les hommes par l’écoute et la pratique de l’Evangile.
Les disciples, dit l’Evangile de ce jour, partent, dépouillés du minimum qu’on devrait avoir sur soi pour un voyage : un bâton de sécurité, un sac pour les provisions et les tenues de rechange, du pain pour la subsistance, de l’argent pour les besoins de la route…. Ils partent comme le Christ lui-même est parti d’auprès du Père, en se dépouillant de ses prérogatives divines, en se faisant complètement semblables aux destinataires de l’Evangile. Une fois encore, on voit combien le disciple partage non seulement la mission de son Maître, mais aussi les conditionnalités nécessaires pour que le message atteigne le grand nombre. Un certain désencombrement est indispensable pour se consacrer corps et âme à la mission. Jésus disait que les oiseaux du ciel ont un nid et les renards un terrier, mais que le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. Ils dormaient, on peut bien l’imaginer, chez ceux qui l’accueillaient comme il repose et apporte aujourd’hui la paix dans le cœur et la maison de ceux qui ouvrent au son de sa voix. Saint Paul plus tard, en face du trésor que constituent le Christ et son Evangile, considérera tout comme des balayures. En tout cas, le passage évangélique à nous donné pour notre méditation relègue au second plan la nécessité des biens de ce monde pour l’évangélisation. Cela nous interpelle personnellement sur notre manière de préparer nos camps mission. On se préoccupe beaucoup plus pour les bagages que pour la Bonne Nouvelle. Alors qu’il se préparait à aller au camp mission organisé chaque année au début des vacances, quelqu’un me demandait de l’argent pour acheter des amuse-gueule pour leur séjour missionnaire. Exemple anodin mais combien caractéristique de la façon dont on se prépare à la mission.
Je disais au début de ma méditation qu’ils étaient dépouillés du minimum requis pour un voyage. Mais ce voyage n’est pas un voyage quelconque. C’est un voyage issu de la volonté du Père par le Christ. Ce n’est pas notre mission, mais la mission du Père. L’Esprit du Père est l’acteur principal et nous acteurs secondaires sinon moyens dans les mains de Dieu. C’est donc à Dieu lui-même de faire le colis nécessaire. Et il le fait de la plus belle manière en disposant sur la route des missionnaires, des cœurs généreux : celui-ci offre le couvert, un autre le gîte, un troisième les habits, etc. La sécurité du missionnaire se trouve dans la providence de Dieu qui ne laissera jamais son disciple manquer du minimum pour sa vie. Quand Dieu appelle, il donne toujours les moyens pour accomplir sa mission.
Dans notre monde où tout est préparé d’avance, où l’on ne laisse aucune place à Dieu de disposer de nous comme bon lui semble, il est difficile de croire à la providence de Dieu. Et pourtant, pour ceux qui se fient à Dieu, ils ont sur terre le centuple de ce qu’ils laissent… Ils sont comblés par le Seigneur au-delà de leurs attentes. Ils parlent des surprises agréables que l’Esprit du Seigneur leur fait. Ils vivent leur mission dans l’action de grâce et reviennent heureux annoncer les merveilles du Seigneur.
P. Jean OUSSOU-KICHO