29ème semaine du temps ordinaire
Le passage évangélique proposé aujourd’hui par l’Eglise pour nourrir notre vie spirituelle et la faire croître suit celui d’hier. Jésus notre Seigneur continue de nous appeler à la vigilance, surtout dans l’exercice des responsabilités confiées aux serviteurs que nous sommes. Etre toujours prêt à rendre les comptes de manière à mériter davantage confiance auprès du maître, à entrer dans sa joie reste la finalité que poursuit le Christ. Cela est d’autant plus exigeant que le Maître lui-même, comme un voleur, viendra à l’improviste : « C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». Ecoutant cette parole de Jésus, nous ne pouvons pas ne pas descendre en nous-mêmes et revisiter notre vie chrétienne à la lumière de l’appel du Seigneur. Si le Seigneur venait à l’instant me demander les comptes ? Serai-je véritablement prêt à l’accueillir ? Me trouvera-t-il endormi ou éveillé, à la garde de ses trésors ou dans la négligence à la fois de moi-même et de ce qu’il m’a confié ? Nous ne devons pas nous dérober à ces questions. Y répondre sincèrement permettra de nous re-situer par rapport à l’appel du Seigneur, et nous fera sortir de notre torpeur et de notre engourdissement. Le Seigneur, faut-il encore le mentionner, viendra à la manière d’un voleur. Or l’expérience a souvent montré que dans beaucoup de cas, le voleur surprend le propriétaire. Certes, l’image du voleur qu’emprunte le Seigneur est forte, mais elle n’est pas employée pour nous terrifier mais pour nous faire comprendre combien il est nécessaire pour nous de ne pas baisser la garde. Nous convenons tous que veiller la nuit n’est en effet pas aisé. Il arrive toujours des moments d’assoupissement. C’est justement à ce moment-là qu’il ne faut pas céder à la tentation du sommeil, en mettant en veilleuse sa foi et les exigences liées à elle.
La question de Pierre cependant nous aide à découvrir un peu plus profondément les destinataires de la parabole et les conséquences de l’état de veille ou non dans lequel le maître trouvera ses disciples. Sans faire de distinctions entre ses disciples, le Seigneur englobe le « nous » et le « tout le monde » que Pierre semble séparé par un « ou » disjonctif dans l’unique expression de « intendants-serviteurs ». Nous sommes donc tous dans la posture de gérants et de serviteurs. Nous sommes tous responsables du service que le Seigneur nous confie. Et pour cela, nous aurons tous à rendre compte au Maître de la gestion de la maison Eglise qu’il nous a laissée. Nous sommes tous des serviteurs, et nous devons faire le point du service accompli. Cela signifie que du dernier des fidèles jusqu’au sommet de l’Eglise, nous sommes tous interpellés par la Parole du Seigneur.
La fidélité jour après jour à cette Parole sera le critère de séparation des bons serviteurs des mauvais. Les uns seront récompensés pour leur fidélité au service, les autres châtiés pour leur infidélité. Mais attention. Il y a une particularité. Récompense et châtiment dépendront de la connaissance ou non que le serviteur a de la volonté de son Maître. Celui qui mérité d’être puni le sera selon son degré de connaissance de la volonté du maître. Il en va de même de celui qui sera récompensé. La différence entre le bon serviteur et le mauvais se trouve précisément à ce niveau-là : vouloir connaître ou non la volonté de son Maître et lui obéir. Le bon serviteur voudra toujours connaître ce que son maître veut de lui pour le réaliser et devenir digne de confiance. Il garde dans son cœur le souvenir et les recommandations de son Maître. Le serviteur médiocre quant à lui, vivant dans l’oubli de son Maître, défaitiste à cause de sa paresse et de son inconscience, craintif du châtiment, finira par sombrer dans le laisser-aller décrit amplement par le Seigneur. Au finish, il tombera sous le coup de ce qu’il redoutait et fuyait : le châtiment et le rejet par le Maître. Inutile donc de faire le raisonnement ci-après : il vaudrait mieux ne pas connaître la volonté du Maître pour ne pas avoir à recevoir des coups à la fin. Elle est proprement caractéristique du mauvais serviteur et participe de la politique de l’Autriche. La volonté du Maître en effet se découvre au creuset de la Parole de Dieu et dans la culture d’une certaine intimité avec lui. Le serviteur coupable par ignorance volontaire, donc par mauvaise foi, ne sera pas épargné par le châtiment du Maître.
L’appel est donc clair, chers frères et sœurs. Efforçons-nous de nous apprêter en gardant vivant dans nos cœurs le souvenir des gestes et paroles de notre Seigneur. Et n’oublions surtout pas que nous sommes des serviteurs qui devront rendre compte de la foi, de l’amour et de l’espérance que nous annonçons. Si nous le voulons, la grâce de Dieu nous accompagnera. Elle nous sera toujours donnée. A nous de compter avec elle. Que le Seigneur nous donne la grâce d’être de bons intendants et de bons serviteurs.
P. Jean OUSSOU-KICHO
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