L’Evangile de ce jour, que nous connaissons bien, nous parle du Royaume des Cieux. Et comme cette réalité invisible ne peut être perçue et saisie que par images, Jésus s’emploie une fois encore à nous révéler un autre aspect du Royaume des Cieux. Il est comparable à un maître de domaine qui sort à des heures différentes pour embaucher les ouvriers pour sa vigne. A la fin de la journée, il fait payer le même salaire à tous les ouvriers. Ce qui n’est évidemment pas du goût des premiers embauchés qui espéraient recevoir plus que les derniers. Pour eux, c’est de l’injustice que de traiter tous les ouvriers de la même façon. Le maître de la vigne ne voit pas les choses de cet œil.
Remarquons avant d’évoluer qu’il n’y a pas injustice. Le maître du domaine leur donne la pièce d’argent sur laquelle ils se sont entendus dès le départ. Et il promet un salaire juste à tous les autres. Le salaire juste, c’est le salaire de la journée. En réalité, il faut féliciter ce maître du domaine pour sa générosité. Il dépasse le simple niveau de la justice pour atteindre celui de la charité. Le sommet de la justice, c’est la charité, une charité qui donne non selon le travail accompli mais selon le besoin réel du travailleur.
Plus encore, le salaire dans son vrai sens, n’est pas quantifiable. C’est le Royaume des Cieux : les premiers ne le recevront pas plus que les derniers. Quelle que soit la durée de l’heure passée dans le champ du Seigneur, la récompense sera la même pour tous. L’essentiel, c’est de travailler dans la vigne. Cela nous montre que « les relations entre Dieu et les hommes ne sont pas comparables à un contrat passé entre un patron et des ouvriers. Comme le montre la parabole du maître de la vigne, le salaire octroyé par Dieu est un don libre et gratuit de sa miséricorde » (P. Jounel)
Cette parabole nous invite à ne pas faire de différence entre les ouvriers de la vigne. Chacun travaille selon l’heure à laquelle Dieu l’appelle. Ensuite nous sommes invités à contempler la bonté du cœur de Dieu qui, en descendant à toutes les heures, veut que tous les hommes jouissent du Royaume. Enfin, nous pouvons nous convaincre avec cette parabole qu’il n’est jamais trop tard pour répondre oui à Dieu et travailler dans sa vigne. Dieu, lui, attend que nous répondions à son appel : la balle est constamment dans notre camp.
P. Jean OUSSOU-KICHO