Méditattion du Dimanche 14 Août 2011

L’Evangile de ce dimanche nous ouvre encore d’autres perspectives en mettant en lumière la foi de la Partant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. 22 Et voici qu’une Cananéenne vint de là et elle se mit à crier : « Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon. » 23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s’approchant, lui firent cette demande : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris. » 24 Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » 25 Mais la femme vint se prosterner devant lui : « Seigneur, dit-elle, viens à mon secours ! » 26 Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. » - 27 « C’est vrai, Seigneur ! reprit-elle ; et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » 28 Alors Jésus lui répondit : « Femme, ta foi est grande ! Qu’il t’arrive comme tu le veux ! » Et sa fille fut guérie dès cette heure-là. ! Foi bouleversante puisqu’elle bouleverse l’état de fait. Nous constatons qu’alors que cette femme le supplie de la prendre en pitié et de guérir son enfant, “Jésus ne lui répond pas un mot”, puis ajoute : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais en fait si Jésus refuse de prendre en charge d’autres brebis perdues que celles de la maison d’Israël, c’est tout simplement parce qu’il pense que ce n’est pas encore le moment pour lui de porter la Bonne Nouvelle au monde païen. Pensons ici à Cana, lorsque Jésus, avec des mots qui semblent rudes, disait à sa mère : « Femme, que me veux-tu ! Mon heure n’est pas encore venue. » Jésus est parfaitement conscient que le dessein éternel de son Père embrasse toutes les nations – « Ma maison s’appellera “Maison de prière pour tous les peuples” » (Is. 56) – mais que ce projet de salut universel ne peut se réaliser que progressivement. En ne renonçant pas à sa demande malgré ce qu’elle peut ressentir comme refus de la part de Jésus, la femme cananéenne a semblé contraindre Jésus à agir. Ce que Jésus lui-même reconnaît : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu veux. » Une femme païenne confesse que Jésus est le Christ. C’est elle qui lui dit : "Seigneur, fils de David". Cette confession de foi venant de la bouche d’une païenne représente une grande ouverture. Le Christ est reconnu par une personne qui ne fait pas partie du peuple de Dieu – et même si Jésus souligne dans un premier temps que sa mission principale est auprès du peuple de Dieu, cette confession de foi est dite une fois pour toutes ; elle ouvre la porte à l’Evangile, Bonne Nouvelle pour tous les peuples. C’est donc à juste titre que Paul parle de cette nouvelle prédominance de la confession de foi en Christ : "Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est le Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé." (Romains 10,9). Ainsi, nous voilà évangélisés par une femme païenne !… Par son audace et sa confiance elle nous apprend à ne jamais douter de la miséricorde du Seigneur pour nous ainsi que pour tous les hommes. Notre Dieu et Père ne fait pas de différence entre les personnes, croyantes ou non. Pour lui, chacun est unique, chacun a un prix infini à ses yeux et “il ne supporte pas qu’un seul de ses enfants se perde”.

Théodore LOKO

Publié le 14 août 2011.

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