L’Eglise nous donne de méditer aujourd’hui l’évènement biblique par lequel Marie est définitivement introduite dans le mystère du Christ. Evènement qui a eu lieu à Nazareth, dans des circonstances précises de l’histoire d’Israël, le premier peuple auquel furent adressées les promesses de Dieu. C’est I’Annonciation de l’ange. Que veut dire pour nous recevoir de Dieu une bonne nouvelle ?
Marie écoute et elle est troublée parce qu’elle a fait attention aux mots. Le messager divin salue la Vierge en disant : « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28). Marie elle-même « fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation » (Lc 1,29) , ce que pouvaient signifier ces paroles extraordinaires et, en particulier, l’expression « pleine de grâce ».
Marie accepte d’être choisie comme Mère du Fils de Dieu. Elle a eu la grâce de désirer être toujours et en tout « donnée à Dieu », en vivant dans la consécration de soi corps et âme. Les mots « Je suis la servante du Seigneur » expriment le fait que, depuis le début, elle a accueilli et compris sa maternité comme un don total de soi, de sa personne, au service des desseins salvifiques du Très-Haut. Et toute sa participation maternelle à la vie de Jésus Christ, son Fils, elle l’a vécue jusqu’à la fin d’une manière qui répondait à sa vocation et à sa mission. Sa fertilité de femme, sa potentialité de mère libère ses énergies pour donner au monde le sauveur du genre humain. C’est son service pour l’humanité.
Une bénédiction, un don ou une promesse de grâce commence pour nous aussi lorsque nous laissons Dieu nous parler par ses messagers, par les évènements et par ses gestes. Ecouter, faire attention à ce que Dieu nous dit, au risque de se laisser troubler par Dieu c’est l’audace que Marie nous apprend par l’annonciation. Quand nous acceptons la parole en nous, en nous elle se transforme en fruit et elle devient communicable aux autres. Nous donnons au monde le Verbe.
Un mystère à vivre personnellement et à offrir au monde se dévoile avec l’annonciation. La manière dont Marie a assumé la transformation de sa vie conformément à l’appel de Dieu nous édifie. Une nouvelle forme d’existence lui incombe et elle accepte de l’assumer. Le problème de beaucoup est là : nous refusons d’assumer à fond les appels que Dieu nous adresse en tant que mariés, en tant que consacrés, en tant que jeunes engagés, en tant que politiques, en tant qu’enseignants, en tant que médecins, en tant que juristes…nous ne nous donnons pas corps et âme et jusqu’au bout pour sauver et changer le monde. Nous préférons l’argent à Dieu et à la personne humaine.
Père Frédéric VIADENOU