Jn. 15, 18-21
Dans le discours pendant la Cène, Jésus parle à ses 12 apôtres, mais ce message concerne aussi tous ceux qui voudront suivre Jésus, devenir ses disciples. « Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera vous aussi. » Les apôtres auront à souffrir davantage parce qu’ils sont plus proches du Christ et qu’ils doivent lui ressembler totalement. Mais n’est-ce pas la mission de tout chrétien de témoigner de sa foi dans le monde ?
En relisant l’histoire de notre Eglise au Bénin depuis 150 ans, nous trouvons des séminaristes, des catéchistes, des chrétiens, des chrétiennes qui ont accepté de souffrir à cause du Christ et même qui ont été mis à mort pour avoir affirmé leur foi. Peut-être pourrons-nous un jour écrire ce martyrologe.
Aujourd’hui, il n’y a pas dans notre pays de persécution directe contre l’Eglise. Mais le chrétien ne peut pas se contenter d’assister passivement à la messe ou de payer son denier du culte. Dans ce monde où nous vivons, où près des trois-quarts des hommes ne connaissent pas le Christ, où les sectes pullulent, où les chrétiens eux-mêmes donnent souvent le mauvais exemple à tous les niveaux, nous devons relire avec beaucoup d’attention ce chapitre 15 de Saint Jean, ce testament que Jésus laisse à ses amis dont nous faisons partie.
L’essentiel de ce message se trouve dans le verset 17 : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres ! »
Essayons-nous vraiment de faire entrer ce commandement dans notre vie de chaque jour, dans notre famille, dans notre travail, dans nos critiques ou jugements sur les autres, dans les injustices que nous subissons, dans nos pensées, nos paroles ou nos actes ?
Sans doute, nous avons déjà essayé bien souvent de vivre cet amour avec tous ceux que nous rencontrons. Peu importe : l’occasion nous est offerte une fois de plus d’entendre cette Parole de Dieu et de « porter beaucoup de fruits » (15,8).
Et si nous avons l’impression que c’est impossible, que le découragement nous guette, que nous n’avons pas le courage ou la force de témoigner, profitons de ce temps de préparation à la Pentecôte pour invoquer l’Esprit-Saint, pour croire qu’il habite en nous et qu’il est capable de nous transformer comme il l’a fait pour les apôtres.
Que cette année du Jubilé nous rende plus fiers, plus heureux d’appartenir à cette Eglise répandue à travers le monde qui offre à notre monde d’aujourd’hui des exemples tels que les bienheureux Jean-Paul II ou Mère Térésa.
Père André CHAUVIN