Première lecture : Exode 40, 16-21.34-38 ; Evangile : Mathieu 13, 47-53
« Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur ; mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! »
Chers frères et sœurs dans le Christ, ce verset du psaume responsorial de ce jour donne le ton de la liturgie de la parole. Elle nous invite à une confiance totale dans le Seigneur à la manière de Moïse et à la vraie compréhension des paraboles sur le royaume.
Dans la première lecture, Moïse exécuta tout ce que le Seigneur lui avait prescrit. La demeure de Dieu fut érigée la deuxième année après la sortie d’Égypte, le premier jour du premier mois. Ceci montre un abandon total et une confiance totale au Seigneur.
Dans l’évangile, Jésus compare le Royaume à un filet que l’on jette et qui ramène toutes sortes de poissons. Les bons poissons comme les mauvais sont ramenés au bord. Tous les poissons gagnent le rivage à la même enseigne, de même que le bon grain et l’ivraie arrivent ensemble au jour de la moisson, nourris par le même sol et le même soleil. Mais cette fois-ci, Jésus insiste fortement sur le jugement final. Les mauvais poissons retournent à la mer, lieu symbolique de la mort. Le Royaume est peut-être caché, mais il est manifestement important de le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.
La chute de cette histoire n’est cependant pas implacable. Les paraboles que nous avons traversées ont dévoilé de nombreux secrets du Royaume et nous font percevoir que la parole de Jésus n’est pas une menace mais un avertissement. « Avez-vous compris tout cela ? » demande-t-il. Avez-vous compris que vous êtes à l’orée d’un monde nouveau, dont la logique lui est propre, dont l’accès est réservé aux cœurs purs, à ceux qui sont prêts à tout miser sur Dieu, à ceux qui sont prêts à travailler toute une vie pour trouver la perle rare ? « Oui », répondent les disciples, unanimes. Ce n’est pas la réponse de ceux qui redoutent la fournaise mais le choix de ceux qui désirent la vie.
Cela nécessite de travailler comme un maître de maison avisé. Il y a beaucoup de travail en effet, car il faut tirer de l’ancien le nouveau à venir. Jésus n’est pas venu abolir, faire table rase du passé, il est venu accomplir, porter à leur perfection les promesses du passé. Nous avons ainsi à relire les alliances et les ruptures, nos fuites et nos belles avancées, pour déchiffrer l’appel du Seigneur et trouver comment dépasser l’ancien et actualiser le nouveau.
Père Janvier AZONHAHIN