
Gn 46, 1-7.28-30 ; Ps 36. Mt 10, 16-23
Celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. Les paroles de Jésus à ses disciples montrent combien le maître est réaliste et anticipateur. Il connaît l’homme et sait combien les disciples sont menacés de perdre la ferveur quand viendront les moments de dures épreuves. Il sait que le plus grave c’est le manque de ferveur qui vient du dedans et qui se manifeste dans la fatigue et le désenchantement, la routine et le désintérêt, et surtout le manque de joie et d’espérance. Les recommandations qu’il leur donne sont imprégnées de son expérience personnelle : ils doivent garder la ferveur de l’Esprit, l’élan intérieur que personne ni rien ne saurait éteindre et qui vient de la douce et réconfortante joie d’évangéliser, de la grande joie d’une vie donnée. Le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible. He 11,27 Le monde réclame et attend de nous simplicité de vie, esprit de prière, charité envers tous, spécialement envers les petits et les pauvres, obéissance et humilité, détachement de nous-mêmes et renoncement. …non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Evangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ, et qui acceptent de jouer leur vie pour que le Royaume soit annoncé et l’Eglise implantée au coeur du monde, dira Paul VI.
Déjà dans l’Ancien Testament, le patriarche Jacob comme autrefois Abraham va obéir à l’ordre de Dieu de se rendre en Egypte. On entre déjà dans la perspective de l’exode et les circonstances de l’accueil par Joseph y montrent bien que le terrain était déjà préparé par Dieu. Dieu veille et il faut lui faire confiance quand il nous dit d’aller.
Le remède pour tenir bon jusqu’au bout en tant que disciple du Christ n’est plus à chercher ailleurs. Avoir vu le Seigneur et avoir eu une rencontre déterminante avec lui est déjà une grâce. Avoir reçu de lui une mission à accomplir en son nom mettant au deuxième plan tout intérêt personnel en est encore une autre. Savoir qu’on sera pour tout cela incompris, rejeté et persécuté et que dans toutes ses souffrances prévaut la joie d’être porteur de la bénédiction de Dieu et de la grâce de l’évangile.
Père Frédéric VIADENOU