Je ne vous appelle plus serviteur, je vous appelle mes amis
Le serviteur est au niveau de l’obéissance. Il fait ce qui lui est demandé, sans savoir le pourquoi et sans demander l’intention du maître. L’ami lui vit intérieurement ce que vit le maître. Il entre dans ses vues, partage ses sentiments, ses intentions, comprend ses plans et est initié à ses visions. C’est pourquoi, il est capable d’une participation active et intelligente et devient partie prenante de l’œuvre à réaliser. Il s’y donne de tout cœur, de toutes ses énergies jusqu’à épuisement de ses forces. L’œuvre devient son œuvre, il le personnalise et s’en responsabilise. Ca devient pour lui un défi, il crée, il invente, il fait du neuf dans les solutions et les réalisations.
C’est à nous de comprendre que nous ne sommes plus serviteurs mais amis. D’entrer dans la vision ecclésiale de Jésus de l’intérieur et de la faire notre. A nous de nous investir, d’investir notre intelligence, notre cœur, notre énergie et toutes nos facultés pour mener à son terme de concert avec Dieu cette grandiose entreprise.
Ceux qui sont les vrais amis du Christ agissent dans le monde comme il aurait fait lui-même. Ainsi les apôtres à la fin de l’assemblée de Jérusalem :
Ils adjoignent deux autres hommes de confiance à Paul et Barnabé pour porter les résultats des assises à Antioche.
Ils rédigent une lettre pastorale dans laquelle ils saluent et encouragent fraternellement les païens convertis.
Ils présentent Barnabé et Paul sous un vocable de consacrés
Ils consacrent une formule qui mentionne l’autorité et l’œuvre de l’Esprit : l’Esprit et nous avons décidé.
Nous ne pouvons vraiment porter du fruit pour le Christ que si nous portons avec lui le souci de la grâce de communion et d’amour qu’il veut instaurer dans le monde et en vivant comme des sarments attachés et vivifiés par la vraie vigne.
Exerçons à fond nos droits et devoirs chrétiens : droit d’appartenir et d’être enregistrer sur une paroisse, de revenir à Dieu, de filiation, de fraternité ; droit d’aspirer et d’accéder aux biens spirituels ; droit et capacité d’apprendre et d’exercer ses facultés de vie en Eglise et surtout à donner son opinion en Eglise ; devoir d’être cohérent, de témoigner et de porter du fruit pour Dieu ;
Notre tâche n’est plus seulement de suivre une loi mais d’entrer dans une vision, de nous initier et nous conformer à un mystère. Jésus nous le rappelle bien : Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure.
Abbé Frédéric VIADENOU