Ac 5, 34-42 ; Ps 26, 1-4.13-14 ; Jn 6,1-15
L’écriture nous donne sur Gamaliel des informations précieuses : il a pris Paul en charge pour instruction et son éducation humane, il est du sanhédrin, il est un notable parmi les docteurs de la loi, il est un écouté du peuple. Et dans le passage de ce jour, l’heure était à l’excitation contre les apôtres, il a osé exhorté à la patience et à la prudence et surtout à éviter le plus grave danger pour l’homme (Ac5) : se trouver en guerre contre Dieu. Il est le profil d’homme dont notre monde, notre pays a besoin pour se reconstruire sur les bases de la justice et de la paix. Il nous faut des hommes qui obéissent à l’Esprit Saint et à la voix du Christ. Il faut des hommes pour comprendre que la violence contre l’innocent doit s’arrêter. Nous ne pouvons restés câblés sur les maux du passé, il faut une sorte de « purification de la mémoire », afin que les maux d’hier ne se reproduisent plus, seul l’amour construit tandis que la haine engendre dévastations et ruines. Il faut des hommes pour comprendre que le monde est blessé et qu’il aspire à sa guérison.
La sagesse de Gamaliel c’est d’avoir entendu la voix de l’Esprit par les apôtres et l’audace d’oser la juste décision. C’est un service précieux de l’humanité que d’être dans une position où les décisions se prennent, ce n’est pas d’abord une ambition politique.
Entre le service de l’homme et l’ambition personnelle les disciples de Jésus doivent se prononcer. Jésus les y éduque par la multiplication des pains (Jn 6) : en leur demandant de se préoccuper du sort des affamés, il les mettait à l’épreuve et il savait bien lui qu’il allait le faire lui-même. Et lorsqu’à lui-même la foule propose l’ambition politique, il s’enfuit dans la montagne tout seul.
En cette année de grâce, pensons à tous les dirigeants du monde et tout ce que le temps nous donne de vivre avec les chefs d’états et politiciens africains. Ils prétendent, gardent ou arrachent le pouvoir à tout prix. Et le peuple innocent meurt sous le danger des forces meurtrières et des menaces armées. Que la deuxième décennie de ce millénaire ne s’ouvre pas sur un ton de guerre, mais sur une effusion de charisme de paix et de fraternité. Que chacun se laisse inspirer par les sages mesures divines de vérité, de justice, de charité et de liberté.
Père Frédéric VIADENOU