Méditation du Vendredi 5 Février 2010

Ben Sirac le Sage 47, 2-11 ; Ps. 17(18) ; Mc 6, 14-29.

Nous célébrons le martyre de Sainte Agathe ; et la Sainte Eglise nous propose de lire et d’entendre le récit du martyre de Jean-Baptiste. De plus, à regarder de plus près l’évangile, il est aisé de noter que celui dont il est question, ce n’est guère Jean-Baptiste comme tel, il y est question de Jésus, de sa renommée qui grimpait, de son nom qui devenait célèbre. Et comme la rumeur populaire signifiée par le pronom indéfini « On disait » se méprenait largement sur l’identité du Christ en voyant plutôt en lui Jean ressuscité, Saint Marc en profite pour nous rafraîchir la mémoire, pour nous remettre dans la mémoire du cœur comment Jean a péri. Ce qui n’est pas banal, ce qui n’est pas insignifiant ! Jean- Baptiste a été le précurseur, la "voix" envoyée pour annoncer le Verbe incarné. Par Dieu, il a été choisi pour préparer le chemin du Messie dans le baptême et dans l’appel à la conversion qui est détour-nement du péché. Et l’ensemble des Evangiles entament la narration de la vie publique de Jésus par le récit de son baptême dans le Jourdain par Jean qui en a acquis une renommée qui n’est pas mince non plus !
Du coup, comme tout vrai prophète, Jean ne saurait être complice ou comptable du péché de l’homme, il le convie d’ailleurs à une conversion véritable ! Il dénonce et il ne renonce pas à dénoncer ! C’est ainsi qu’il accuse Hérode et Hérodiade d’adultère. En sa qualité de prophète authentique du Seigneur, Jean rend témoignage à la vérité. Sans compromis. Sans compromission. Il dénonce les transgressions des commandements de Dieu, même en cette circonstance précise où les auteurs des actes incriminés sont un certain Hérode et une certaine Hérodiade, c’est-à-dire les plus puissants des plus puissants. Jean paie sa dénonciation ! Il la paye de sa tête, de sa vie. Jean scelle de son martyre le service rendu, le témoignage rendu au Christ qui est la Vérité en personne. Il nous est plus qu’urgent d’aller aux sources de son témoignage surtout dans notre aujourd’hui où, pour des raisons de bas étage, le prophète a tôt fait de préférer le silence à la dénonciation ; dans notre aujourd’hui, beaucoup de prophètes préfèrent la dénonciation des faibles à la dénonciation des forts ; dans notre aujourd’hui, que de prophètes préfèrent sacrifier la vérité à l’autel de leurs petites convictions contraires à la mission de l’Evangile. Le prophète, sous nos cieux, encourt le risque de se laisser museler par une corruption protéiforme doublée d’une compromission nuisible à l’annonce de la Vérité de Dieu, de la Vérité qu’est Dieu !

Invoquons l’intercession de Jean-Baptiste afin que de nos jours aussi, l’Eglise sache demeurer fidèle au Christ et témoigner avec courage de sa vérité et de son amour pour tous. Notre crédibilité peut en dépendre.

Abbé Frédéric Serge KOGUE

Publié le 5 février 2010.

20. Repères