Méditation du Vendredi 4 Mars 2011

Si 44,1…13 ! Ps 149,3 ; Mc 11, 11-25

Le Seigneur aime son peuple et donne aux humbles l’éclat de la victoire. Que les fidèles exultent glorieux, criant de joie à l’heure du triomphe La prière qu’inspire le psaume 149, lu en ce jour est l’action de grâce d’un coeur comblé d’allégresse religieuse. Apprenons à être « des hommes pieux, fidèles », qui répondent avec fidélité et amour à l’amour paternel du Seigneur. Apprenons à accepter vraiment Dieu comme « Notre Père ».
L’expression anawin est fréquente dans les psaumes et indique non seulement les opprimés, les miséreux, ceux qui sont persécutés pour la justice, mais aussi ceux qui, parce qu’ils sont fidèles aux engagements moraux de l’Alliance avec Dieu, sont marginalisés par ceux qui choisissent la violence, la richesse et la puissance. À cette lumière, on comprend que les « humbles » ne sont pas seulement une catégorie sociale mais un choix spirituel. Quand les « humbles » se rangent du côté de Dieu pour lutter contre le mal. Tout seuls, ils n’ont pas la force suffisante, ni les moyens, ni les stratégies nécessaires pour s’opposer à l’irruption du mal. L’humble c’est le fidèle : le hassidim, c’est celui qui vient au temple apprendre la confiance, celui qui garde confiance, car il sait qu’il a à ses côtés le Seigneur qui est le vrai Roi de l’histoire. Il sait que Sa victoire sur le mal est certaine et elle sera un triomphe de l’amour.
C’est donc très pédagogique de la part de Jésus lorsqu’il expulse les vendeurs du temple en disant « ne faites pas de la maison de mon père une caverne de bandit, un lieu de commerce ». Le fidèle vient au temple pour rencontrer Dieu dans sa maison. Il a besoin de cette rencontre avec le Seigneur d’une manière presque instinctive, on pourrait dire « physique ». Le fidèle aspire à Dieu pour être rempli de lui et pouvoir ainsi exister en communion avec lui. La vie dans le temple est aussi de l’ordre d’un festin qui rassasie : la faim est rassasiée lorsqu’on écoute la parole et qu’on rencontre le Seigneur dans l’élan de la prière et de la foi. Le temple est le lieu ou Dieu et l’homme se sentent en communion, le lieu où la louange de l’âme éclate et où elle déclenche le sentiment profond d’être protégé par Dieu et soutenu par lui. Les peurs se dissipent, les soucis sont tournés vers lui et trouvent leur apaisement dans le Christ par le don de l’Esprit et des sacrements, la vie nouvelle et l’aliment qui la soutient. Beaucoup sont paresseux pour la piété et pour aller à l’Eglise. Ils ne livrent pas contre eux même le combat qui libère de toute adversité et procure la liberté et la possibilité de servir Dieu. Ils ne pardonnent pas à leurs offenseurs. Or le pardon est préalable de toute prière efficace. Tant que nous avons le monde à parcourir, nous vivons au milieu du mal, de l’injustice et des forces qui s’opposent au royaume de Dieu. Commençons nos journées et nos semaines en nous rendant au Temple pour y chercher la lumière de Dieu. Le Seigneur aime son peuple et donne aux humbles l’éclat de la victoire.

Père Frédéric VIADENOU

Publié le 4 mars 2011.

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