
Sainte Marthe
He 13, 1-3.14-16 ; Ps 33, 2-11 ; Lc 10, 38-42 ou Jn 11, 19-27
Chez Lazare, Marthe et Marie l’ambiance est porteuse. Et apparemment Jésus s’y trouvait lui aussi très à l’aise et y revenait souvent. Entrons par l’esprit et la pensée dans la maison de Marthe et Marie, elle a le goût d’une vraie maison familiale. Contemplons y ce que doit être nos maisons familiales, leur réseau de rapport et de liens fraternels forts, leur ouverture aux amis et aux étrangers, leur charisme de quartier général ou QG. Quand y règne l’amour, on est si pressé d’y aller et d’y retourner sans cesse. La joie est dans chaque son. C’est la paix, la bonne humeur, le véritable bonheur. Pas de mots rudes et méchants, chacun se montre accueillant et familial. Nos ancêtres et nos parents nous ont légués en héritage ses maisons, mais jouent elles encore ce rôle pour notre société ? Les maisons familiales aujourd’hui sont remplies de clients et de locataires, parce que les héritiers se battent et s’entretuent à cause l’héritage. Des frères ne s’entendent pas, ne savent plus penser le bien l’un de l’autre et s’orientent vers d’autres centre d’intérêts…Aujourd’hui on a peur, on n’a plus la joie de retourner à la maison familiale. Tant de contre valeur ont brisé l’harmonie…ce sont des contre valeurs qui portent en germe la destruction de l’humanité de l’homme et la défigure, au point de le rendre incapable de se reconnaître dans ce qu’il vit. Même dans les zones rurales aujourd’hui, nous préférons de plus en plus des maisons ou les murs, nous séparent et ou nous devenons nous aussi des murs les uns pour les autres, nous ne sommes plus animés de bien les uns pour les autres. Ce qui en est plus dangereux c’est notre incapacité à souffrir les uns avec et pour les autres. Et devant les situations limites qui se dressent, les souffrances personnelles et profondément déstabilisantes prennent facilement le dessus.
Voilà l’homme Dieu qui se présente comme ayant besoin d’attention ; attendant qu’on lui ouvre notre coeur et qu’on prenne soin de lui. Jésus avait des besoins humains : il avait faim et soif, il était fatigué du voyage, il avait besoin de moments de repos, de se retirer un peu des foules et de la ville de Jérusalem.
Souvenons nous donc de l’ambiance de compassion dont la maison de Marthe, de Marie a fait l’objet à la maladie et la mort de Lazare jusqu’au témoignage de compassion des amis, des proches et de Jésus lui-même qui a pleuré et la résurrection du mort qui s’en est suivi.
Demandons pour nos mères, nos filles, nos sœurs, nos tantes le charisme de Marthe, lumière de la maison et pour nos maisons le charisme de restauration de la famille pour l’homme et la société.
Père Frédéric VIADENOU