Méditation du Vendredi 28 Mai 2010

Frères et Sœurs en Christ, chers amis

Jésus est un prophète puissant par la parole et les actes. Dans l’évangile de ce jour, à travers le mélange inattendu que Marc fait des récits du figuier desséché, des vendeurs chassés du temple et des recommandations ramassées du “Notre Père’’, Jésus nous donne une grande leçon de religion. En effet, à peine entré dans la ville, il se dirige vers le temple ; nous apprenant ainsi qu’en arrivant dans un endroit où se trouve une maison de prières, nous devons nous empresser de nous y rendre. Nous sommes dans un quartier de ville ou de village, demandons toujours quelle est l’Eglise la plus proche. Nous y rendre et prier. Et comme la nuit tombait, il se rend à Béthanie. " Le lendemain, comme il sortait de Béthanie, il eut faim. ". Il s’approche d’un figuier et le maudit. Geste qui pourrait surprendre, mais qui s’explique dans la suite du récit. Ce que Jésus a fait en figure en maudissant le figuier stérile, il le fait plus clairement en chassant du temple les impies. Et ce sera le lendemain matin au retour que Pierre se rendra compte que le figuier est desséché jusqu’aux racines. Ce qui rend ce miracle plus frappant, c’est qu’un arbre si vert et si plein de sève fut entièrement desséché. Quoique Matthieu affirme que le figuier fut immédiatement desséché et que les disciples en furent saisis d’étonnement, ne soyez point surpris d’entendre Marc dire, que ce ne fut que le lendemain que les disciples virent cet arbre desséché, non pas que l’arbre ne se soit pas desséché aussitôt que Jésus a prononcé la malédiction, mais plutôt que le constat a été fait le lendemain par Pierre, et vous savez ce que Pierre représente pour l’Eglise. Ce figuier desséché, c’est bien la synagogue au cœur de ses perversions. Ne soyez pas surpris que ce soit Pierre qui l’ait constaté. " Et Pierre, se ressouvenant de la parole du Christ, lui dit : Maître, voyez comme le figuier que vous avez maudit est devenu sec. " Le figuier est devenu sec pour qu’à sa place pousse l’olivier choisi de Dieu, aussi remarquable par sa beauté que par sa fécondité, l’Eglise. Cette Eglise doit être canal d’une foi agissante par les œuvres. Les montagnes que l’Eglise et ses fils et filles ont à faire sauter par la puissance de la parole et leur témoignage de vie ont pour noms, nos péchés d’orgueil, nos manques de pardon, nos rancunes gardées et entretenues, nos raideurs de toutes sortes et nos tensions inutiles sur nos routes et dans nos quartiers. Demandons à l’Esprit-saint d’augmenter en nous la foi pour que nous prenions soin du temple de Dieu que nous sommes et du temple de Dieu que nous formons aussi avec les autres, et que nous soyons des figuiers qui portent des fruits en toute saison, parce que irrigués par le Précieux Sang de Christ.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 28 mai 2010.

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