Méditation du Vendredi 26 mars 2010

vendredi de la 5eme semaine de carême
Rre éf Jr 20, 10 13 ; Ps 17 ; Jn 10,31 42 
J’ai multiplié sous vos yeux les oeuvres bonnes de la part du Père
Chers frères et sœurs en Christ,
L’étau de l’adversité se serre davantage autour de Jésus . Ainsi, la réalité de son ministère public se trouve confrontée à la dure épreuve de la reconnaissance de sa divinité au point où ses adversaires cherchent à le lapider . Ceci non à cause des œuvres bonnes qu’il accomplit, mais à cause de ses propos qu’ils jugent de blasphématoires. Et pourtant, toute la force de Jésus dans l’accomplissement de sa mission salvifique vient de cette puissance divine d’amour qui l’unit au Père. C’est pourquoi, la réponse qu’il fit à ses adversaires lève tout équivoque : « … Celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites tu blasphèmes parce que j’ai dit, je suis le Fils de Dieu. Si je n’accomplis pas les œuvres du Père, continuez à ne pas me croire… » Autrement dit, Jésus invite ses contemporains ligués contre lui à croire au moins en ses œuvres puisqu’il les accomplit par le Père.
La civilisation de notre époque moderne n’est pas en marge de cette crise d’identité au sein de laquelle nous avons du mal à croire en l’autre dans le déploiement de ses potentialités intellectuelles, morales, spirituelles et sociales. Ceci est la cause des querelles intestines et même des guerres de leadership au sein desquelles l’homme devient un loup pour l’homme. Si déjà depuis les premiers siècles de l’Eglise, le fondement de la force des chrétiens était leur foi en Jésus et en ses œuvres, il importe pour nous chrétiens d’aujourd’hui de garder haut ce flambeau de foi pour tenir fermes et se tenir vigilants dans l’arène des adversités où la foi en Jésus semble être dans le tourbillon de la déstabilisation. Saint Ignace d’Antioche a eu le mérite d’avoir dit ceci : « … il m’est bien plus glorieux de mourir pour le christ que de régner jusqu’aux extrémités de la terre » L’enjeu de notre vocation chrétienne se situe justement à ce point de confiance en Celui qui ne déçoit pas. Et pour preuve, la lecture tirée du Livre de Jérémie pour la liturgie de ce jour, illustre bien l’évidence de la chose. En effet, le prophète Jérémie, la plus touchante figure prophétique du Christ douloureux, est submergé par l’hostilité et la trahison ; pourtant sa confiance en Dieu reste intacte. Que le Seigneur nous aide à témoigner hardiment qu’il est Dieu et qu’il confirme notre témoignage chrétien par des œuvres qui manifestent la miséricorde dont il nous comble de toujours à toujours ! Amen.

Abbé Maxime AHOMAGNON

Publié le 26 mars 2010.

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