Avec l’évangile selon Saint Mathieu 8,1-4, que nous propose la liturgie de ce Jeudi de la 12e semaine ordinaire C, nous tournons le dos à l’édifiant sermon sur la montagne.et abordons une suite de guérisons et de miracles opérés par le Christ. La disposition propre à Saint Mathieu qui veut qu’une instruction de cette envergure et de cette profondeur précède les récits de miracle et de guérison que nous entendrons ces jours-ci ne peut nous laisser indifférents. Cette option mathéenne même s’il elle n’instaure pas une hiérarchie entre les composantes du mandat du Christ donné à ses Apôtres : proclamer la Bonne Nouvelle, guérir les malades chasser les esprits mauvais , nous amène à comprendre que notre pratique de la foi ne peut avoir comme point départ la pression de nos besoins existentiels. Si notre démarche de foi n’est dictée que par nos besoins existentiels : santé, indigence matérielle ou financière, difficulté conjugales ou professionnelles... elle se fourvoie On comprend alors pourquoi Mathieu nous présente un Jésus qui ne satisfait les besoins existentiels de ce peuple qui en regorgeait qu’après l’avoir longuement instruit. Comme pour nous rappeler que c’est d’abord la soif de sa Parole qui doit constituer le critère de notre attachement à lui car ce sont des paroles qui proclament le royaume de Dieu et son salut. La guérison et les miracles qui constituent les signent qui indiquent la présence de ce royaume et de ce salut ne peuvent être considérés comme une fin en soi mais des signes qui nous tourne plus résolument vers ce salut. Sans cet équilibre indipensable, nos prières peuvent devenir des ordres que nous donnons à Dieu en oubliant que son plan de salut, toujours plus vaste que nos petits besoins est toujours en route et tient compte de nos problèmes .
La prière du lépreux : « Si tu le veux, tu peux me purifier me purifier » est une parfaite illustration de la démarche de foi que Dieu attend de nous. Voilà une prière qui ne s’impose pas mais qui se soumet à la volonté salvifique de Dieu parce que par la foi elle sait que c’est ce que Dieu veut qui est bon et qui lui procure effectivement le salut qu’il attend mais dont il ne mesure pas forcément l’ampleur.
Que le Seigneur restaure les failles de notre relation avec lui surtout à tous les niveaux où les soucis du temps présent ont aveuglé notre coeur et l’ont fait oublié que Dieu nous précède toujours dans les combats de vos vies.