En ce Jour où l’Eglise fête la Nativité de Jésus, la Liturgie nous propose le Prologue de l’Evangile selon saint Jean. L’évangéliste commence par affirmer la Préexistence du Verbe au monde, avant de signifier que le monde fut créé par le Verbe. Celui dont nous fêtons la naissance aujourd’hui, est Dieu comme le Père qui a tout créé par Lui. Tout ce qui existe est donc l’œuvre du Verbe créateur. Jean le Précurseur est le témoin voulu par Dieu pour préparer les hommes à L’accueillir afin d’accéder à la Lumière, c’est-à-dire à la plénitude de leur identité. Le monde dans lequel le Verbe descend en tant que vrai Homme tout en demeurant vrai Dieu, a besoin de L’accueillir pour s’accomplir pleinement en Dieu. Créé à l’image de Dieu pour sa ressemblance, l’être humain est constitutivement tension vers Dieu : il ne sera satisfait que dans la Vision de Dieu. Cette « soif-capacité » de Dieu est une grâce déjà accordée dans le Souffle vital, la Rouach en Hébreu, que le Créateur communiqua à l’homme (cf. Gn 2,7). Le Verbe de Dieu, en se faisant chair, porte donc la création à son accomplissement, donnant à tout homme de voir Dieu : « Il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels » (Préface de la Nativité III) L’épître aux Hébreux, proposée en deuxième lecture, insiste justement sur l’accomplissement qui advient grâce au Fils qui nous donne accès à la plénitude de Dieu. La gloire de Jésus se révèlera dans le Mystère pascal où les hommes captifs du péché, vont obtenir la délivrance pour exulter de Joie en Dieu !
Le péché étant entré dans le monde, il faut que l’obstacle majeur à la vision de Dieu, soit enlevé avant que l’homme n’accède à la vision de Dieu. Si l’incarnation est l’irruption de l’éternité de Dieu dans le temps des hommes, l’histoire n’accèdera à l’éternité de Dieu que grâce au Crucifié-Ressuscité. Le Salut qui est donné aux hommes ne peut s’accueillir que grâce à la Mort et Résurrection de Jésus qui a vaincu le péché et la mort. Pour cela, l’Eglise relie la Crèche au Crucifiement pour mieux comprendre Noël à partir de Pâques : « La Résurrection est le point culminant de l’Incarnation. Elle confirme la divinité du Christ, ainsi que tout ce qu’il a fait et enseigné. Elle réalise toutes les promesses divines en notre faveur… » (Catéchisme de l’Eglise Catholique Abrégé, Cerf 2005, & 131). Le Mystère de Noël s’accomplit pleinement dans le mystère de Pâques où le Fils de Dieu fait chair, meurt et ressuscite, nous lavant ainsi de nos péchés et nous rendant enfants adoptifs de Dieu le Père. La Naissance du Fils unique de Dieu apporte donc à l’Homme la grâce de naître à la Vie de Dieu. En ce Jour où nous fêtons Noël, chacun de nous est appelé à accueillir la grâce de notre divinisation par une vie conforme aux exigences de notre Baptême : « À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » (Jn 3,5)
À vous tous, Joyeux Noël et que la Sainte Mère de Jésus, nous garde Fidèles à Dieu !
Curé de la Paroisse Sainte Thérèse PK6