Vendredi 18 mars 2011- 1e semaine de Carême - Ez 18,21-28 Ps 129 Ps 130,1 ; Mt 5,20-26
Dieu est miséricorde et près de lui abonde le rachat nous dit le psaume 129. Le carême est le temps ou le disciple du Christ veut retrouver son équilibre d’esprit face à la miséricorde infinie de Dieu pour se situer à la juste place et bénéficier pour sa conversion et celle de tous les hommes des bienfaits de la rédemption. La miséricorde vécue au quotidien est capable de changer l’ordre du monde.
Dans la première lecture, tirée du livre d’Ezéchiel, Dieu lui-même entame un avertissement. Il ne faut pas confondre mauvaise volonté de l’homme et perfection de la miséricorde divine. Le méchant qui se convertit vivra. Le juste qui se pervertit mourra.
Le plus éloigné de la sainteté peut devenir un modèle d’accueil de Dieu, de la parole de Dieu, de sa miséricorde et en laisser entrevoir les merveilleux effets dans sa propre existence. Le méchant peut devenir bon. La miséricorde de Dieu peut se manifester dans toute vie qui s’y dispose, il ne veut pas la mort du pécheur mais que celui-ci se convertisse.
Le plus parfait peut lui aussi sombrer et connaître une régression spirituelle et mourir dans la perversion. Le bon peut devenir méchant s’il n’entretient pas sa foi. Il faut savoir être constant et avoir une foi solide car l’idolâtrie n’est pas une attitude dépassée une fois pour toute. Elle exige d’être conquise chaque jour.
Jésus veut que ses disciples cultivent une justice qui dépasse celle des scribes et des pharisiens et qu’ils aient comme horizon, le royaume de Dieu. Ils doivent être conscients de la nouvelle forme d’existence qui leur incombe : animée le monde par la miséricorde et orienter vers le royaume, vers l’éternité. La justice divine est la miséricorde vécue. Songeons ici à ce que nous dit le Pape Benoit XVI : s’il n’y a pas d’hommes justes la justice demeure abstraite. on ne réalise pas de bonnes lois et de bonnes structures, si l’égoïsme de personnes, même compétentes, s’y oppose. Jésus prend des exemples concrets d’injustices qui vont contre la miséricorde : La colère contre un frère, l’injure destructrice et le faux témoignage. Ils sont une injustice et une forme de violence. Car ils fragilisent l’esprit, peuvent conduire au meurtre et à la mort et être désastreux pour le prochain et mettre sa vie en danger (c’est la base des erreurs judiciaires).
Retenons une chose en tant que disciple nous aussi : La miséricorde vécue au quotidien est capable de changer l’ordre du monde.
Père Frédéric VIADENOU