Méditation du Vendredi 18 Février 2011

Ste Nadine – Gn 11, 1-9 Ps 32 Mc 8, 34-38. 9, 1

Gn 11, 1-9

Nous méditons aujourd’hui le récit du péché de Babel et de la confusion des langues. Récit que je suis tenté d’appeler le péché originel du développement. "Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre !". L’exclusion de Dieu n’apparaît pas tellement sur le mode d’une confrontation avec lui, mais comme l’oubli et l’indifférence à son égard, comme si Dieu ne présentait aucun intérêt dans le cadre du projet humain de bâtir et de s’unir. Pourquoi un projet sans Dieu ?
La situation nouvelle engendrée par le péché a laissé ses traces. Dieu a cessé d’être vu comme le père et le souverain désintéressé mais comme un être indigent, intéressé, tout entier occupé à se protéger contre sa créature : les paroles séductrices du serpent des origines sont claires : Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.". Il faut y comprendre que l’homme a fini par se prendre pour ce qu’il n’est pas : son propre créateur. Il oublie notamment que c’est Dieu qui a déposé en lui en le créant, la vocation au développement et au progrès. « Dans le dessein de Dieu, chaque homme est appelé à se développer car toute vie est vocation » : vocation a vouloir un plus.
La décision prise par les hommes met face à un choix qui n’est pas seulement lié à des besoins techniques donc la simple capacité de réfléchir ou de réaliser ; mais au destin même de l’homme, qui par ailleurs ne peut faire abstraction de sa nature. Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à en perdre son âme ? nous dit Jésus dans l’Evangile du jour, allant dans le même sens.
L’orgueil de l’homme construisant sa cité sans Dieu a eu pour fruit la confusion des langages. Le développement qui se fait sans Dieu et qui ne regarde pas l’ordre des choses fini par se retourner contre l’homme lui-même. Car « quand Dieu est éclipsé, notre capacité de reconnaître l’ordre naturel, le but et le “bien” commence à s’évanouir » Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, les moissonneurs travaillent en vain. Si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes.

Père Frédéric VIADENOU

Publié le 18 février 2011.

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