3e sem de l’Avent- neuvaine de Noël
Gn 49, 2.8-10 ; Ps 71,1-4.7-8.17 ; Mt1, 1-17
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l’on appelle Christ. Le total des générations est donc : d’Abraham à David, quatorze générations ; de David à la déportation de Babylone, quatorze générations ; de la déportation de Babylone au Christ, quatorze générations.
Il faut se laisser porter par le retour régulier du verbe engendra, pour mieux sentir la rupture de rythme à partir du seizième verset, et sa haute signification. Les générations se succèdent mais c’est toujours par un procédé établi par Dieu et donc sacré : l’engendrement. Le procédé de l’engendrement est un acte créateur. Tout au long de l’histoire humaine Dieu agit par la relation des êtres. Cette relation qui ouvre au don d’une nouvelle vie, d’un nouvel être qui est aussi une personne comme ses parents. Dieu réalise sa bénédiction en transmettant l’image divine dans l’acte de génération : il crée l’homme à son image et à sa ressemblance. Il fait la conception, il donne la fécondité, il forme et enrichit la paternité et la filiation. Dans la maternité de la femme, en union avec la paternité de l’homme, se reflète le mystère éternel de la génération qui est en Dieu lui-même, en Dieu un et trine Ep 3,14-15. Et avec ce texte de la généalogie, nous pouvons le contempler merveilleusement avec l’engendrement du Christ.
La généalogie de Jésus est aussi toute l’histoire de l’Ancien Testament. Elle est significative des courbes d’évolution humaine : prenant son départ avec Abraham, elle atteint son apogée avec David ; puis, malgré quelques règnes restaurateurs, elle décroît jusqu’à la chute de Jérusalem, et ne se prolonge après le retour de l’Exil que dans une lignée ignorée, qui s’éteindrait avec Joseph si Dieu n’intervenait en suscitant à la souche vieillie de Jesse un rejet miraculeux. Ainsi accomplit-il sa Promesse à Abraham.
En nous faisant méditer sur l’histoire du Christ : engendré non pas créé, de même nature que le Père, le temps de l’Avent réveille en nous les dimensions qui portent au degré le plus fort notre être et notre histoire personnelle. Aucun homme n’a le pouvoir de s’engendrer lui-même et aucun n’a le pouvoir de choisir son père. Ce pouvoir revient à Dieu et il veut le partager avec l’humanité. Dieu appelle l’homme et la femme à participer spécialement à son amour et aussi à son pouvoir de Créateur et de Père pour agrandir sans cesse et enrichir l’humanité….. ce rôle est élargit et s’enrichit de tous les fruits de vie morale, spirituelle et surnaturelle que le père et la mère sont appelés à donner à leurs enfants et, à travers eux, à l’Eglise et au monde. Etre parent n’est pas une chose banale. C’est une responsabilité devant Dieu et l’humanité. Etre fils ou fille aussi. Revoyons donc notre manière d’être parent et d’être fils. Cela apporterait beaucoup à l’humanité. Prenons aussi dès aujourd’hui le temps de revenir sur notre généalogie personnelle et rendons grâce à Dieu pour ces chaînes ininterrompues de vies humaines qui traversent l’espace et le temps. Signe de son amour et de sa grandeur.
Père Frédéric VIADENOU