Méditation du Vendredi 16 Avril 2010

Homélie du 2ème Vendredi pascal
16 Avril 2010
(Année liturgique 2009–2010 : C)
2e vendredi du Temps Pascal
Première Lecture : Actes 5.34–42
Psaume : Psaume 27.1, 4, 13–14
Évangile : Jean 6.1–15

Mes biens aimés dans le Ressuscité,

La liturgie de la Parole de ce jour nous donne un aspect de la mission, mieux du missionnaire. Dans la 1ère lecture de ce jour, l’auteur des Actes des Apôtres nous parle de la confrontation entre les apôtres et les chefs du peuple. Peut-on comparer cette confrontation entre les apôtres et les chefs du peuple à ce qui se passe de nos jours dans bien des endroits, lorsque l’Église dénonce les violations des droits de l’homme ?
Beaucoup diront : ce n’est pas pareil, les apôtres étaient persécutés parce qu’ils proclamaient Jésus, alors que maintenant ce sont des chrétiens qui font de la politique. Mais ce n’est pas évident.
En ce temps-là les Juifs étaient dominés et divisés, et Jésus parlait comme un homme libre ; il enseignait un chemin de liberté qui s’appellerait aujourd’hui, l’action non violente. Et les autorités se sont débarrassées de lui pour défendre la sécurité de leur nation (Jn 12.48) et leur propre politique. Croire en Jésus, c’était dès lors reconnaître qu’on avait mal agi en le rejetant (Lc 21.12-16). Voyez comment les prêtres jugent Pierre et Jean : ils leur demandent de se désolidariser d’un homme (Jésus) qu’ils ont condamné légalement. Proclamer Jésus signifie prêcher la réconciliation universelle (Ep 2.14) qui se fait à tous les niveaux de la vie humaine, y compris l’économie et la politique. L’Église ne proclamerait pas Jésus comme le seul Sauveur (5.31) si elle fermait les yeux lorsque des nations entières sont condamnées à une mort lente par manque de travail, de nourriture, d’éducation et de santé. Cependant, dénoncer n’est pas juger, et ce serait inutile si nous ne savions plus annoncer le plan de salut de Dieu.
Gamaliel était l’un des plus renommés parmi les maîtres de la Loi. Nous voyons ici l’ouverture d’esprit et la foi de ce vieux maître juif qui sait que les voies de Dieu ne sont pas toujours les voies des hommes. Si leur projet, ou leur activité, vient des hommes. Jésus avait dit quelque chose d’analogue (Mt 15.13). L’expérience montre que certains ne reconnaissent pas dans la foi chrétienne la vérité qu’ils recherchent : Dieu les a-t-il abandonnés pour autant ? Si nous avons le Christ, nous pouvons dire avec certitude que tel ou tel n’est pas “le” prophète. Mais peut-être Dieu a-t-il voulu qu’il soit prophète pour un groupe déterminé, pour qu’il les aide dans une étape de leur marche vers la lumière.
Gamaliel a été le maître de Paul à Jérusalem durant deux ou trois ans, un peu après ces événements (Ac 22.3). La conversion de Paul sera providentiellement préparée par la fréquentation de cet homme ouvert et sincère, tout autant que par la mort d’Étienne (7.54-60). Le Seigneur sait utiliser des voies insondables pour que sa missions évoluent et que sa Bonne nouvelle parviennent à toutes les nations ; prions-le de nous donner le pain de ce jour, lui qui dans l’évangile de ce jour, a opéré un miracle de multiplication de pains près de Tibériade, et qui, de là, a envoyé ses disciples vers Capharnaüm.
Qu’il nous envoie comme il a envoyé les apôtres, comme il a envoyé Gamaliel au peuple juif, comme il veut nous envoyer.

Abbé Adelphe ADAMBADJI

Publié le 16 avril 2010.

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