
Saint Bonaventure
Ex11, 10 - 12, 14 ; Ps 115. Mt 12, 1-8
Le Fils de l’homme est maître du sabbat
Il y a une spiritualité du sabbat. L’institution du sabbat montre que le temps a une importance fondamentale et que l’homme a aussi une nature essentiellement spirituelle et immortelle. Dieu, s’est souvent réservé des lieux, des personnes, des objets, des temps qui lui sont consacrés par des rites précis et par le fait même, interdits aux usages profanes montrant ainsi la sainteté de Dieu. De ce rapport de Dieu avec le temps naît le devoir de le sanctifier. C’est ce qui se réalise, par exemple, quand on consacre à Dieu des temps, des jours, des semaines, comme cela se faisait déjà dans la religion de l’Ancienne Alliance et comme cela se fait encore, bien que d’une manière nouvelle, dans le christianisme. Nouveauté à laquelle se heurtent justement les pharisiens dans l’évangile de ce jour. Celui qui parle est « Lumière né de la lumière. Vrai Dieu né du vrai Dieu. Engendré non pas créé. De même nature que le Père et par Lui tout a été fait ». Lui que Dieu a envoyé pour nous faire prendre conscience de la manière dont chaque période est empreinte de la présence de Dieu et de son action salvatrice. Le temps est avant tout une propriété de Dieu. C’est pourquoi Jésus est maître du sabbat.
En lui, Verbe incarné, le temps devient une dimension de Dieu, qui est en lui-même éternel. Le plus grand accomplissement du temps est celui par lequel l’éternité y est entré. Dieu, par l’Incarnation, s’est introduit dans l’histoire de l’homme. Les paroles et les actes de Jésus sont l’accomplissement même de la journée de grâce, du jour du Seigneur.
Les chrétiens ne peuvent pas penser comme ceux qui trouvent dans les choses des cycles cosmiques mystérieux dans lesquels l’histoire de l’univers et en particulier de l’homme se répéterait constamment. Grâce à la venue de Dieu sur terre, le temps humain, qui a commencé à la création, a atteint sa plénitude. " La plénitude du temps ", en effet, c’est seulement l’éternité, bien plus, c’est Celui qui est éternel, c’est-à-dire Dieu.
Père Frédéric VIADENOU