
: Jeanne Françoise de Chantal
Jos 24, 1-13 ; Ps 35. Mt 19, 3-12
L’évangile nous rappelle de manière très élaborée à partir d’une discussion sur l’indissolubilité des liens matrimoniaux que si Dieu a uni, l’homme ne doit pas séparer. L’indissolubilité du mariage est une valeur divine qui enrichit le monde. En cherchant à vivre leur lien comme une union divine et en la respectant comme sacré, en s’imposant de ne jamais séparer ce que Dieu à unit, les époux s’engagent pour Dieu et le service salvifique de l’humanité, ils se purifient les cœurs et les prédisposent à lutter contre les virus de l’amour que sont les vices, l’infidélité, la débauche, l’insincérité, l’incohérence morale et la duplicité. Ils se laissent remplir de la grâce de Dieu. Ils donnent à Dieu l’espace qu’il faut pour agir par eux et faire d’eux dans le monde, le bon arbre qui produit de bons fruits. Tertullien a bien exprimé la grandeur et la beauté de l’unicité et de l’indissolubilité conjugale scellée dans le Mariage chrétien : « Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Eglise ménage, que confirme l’offrande, que scelle la bénédiction ; les anges le proclament, le Père céleste le ratifie... Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service ! Tous deux enfants d’un même père, serviteurs d’un même maître ; rien ne les sépare, ni dans l’esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l’esprit ».
Les fruits de l’indissolubilité du mariage pour le monde sont incalculables pour les enfants élevés en son sein. Ils apprennent comme venant de Dieu même une attitude de fidélité sincère dans la vie, le souci de maintenir l’unité, la communion et la participation vécues chaque jour au foyer, dans les moments de joie ou de difficulté. Ce sont là des éléments sans lesquels il sera toujours difficile de construire l’avenir de l’humanité, de marcher ensemble et d’apprendre concrètement et efficacement à s’insérer dans la société de manière active, responsable et féconde. Pour aimer vraiment, il faut être fidèle jusqu’au bout et pour être fidèle, il faut aimer vraiment.
Père Frédéric VIADENOU