Méditation du Vendredi 10 juin 2011

Ac 25, 13-21 ; Ps 102 ; Jn 21, 16-19

La vie d’apôtre est un consentement et un engagement libre et responsable à partager le destin du maître. Dans l’entretien évangélique entre Jésus et Pierre surgit trois fois la question m’aimes tu. Nous sommes déjà là après la résurrection et l’expérience chrétienne de Pierre parvenait déjà à son degré de maturité. Lui qui avait connu des hauts et des bas : des inspirations et des superficialités, des coups de force et des échecs dans la relation. Ce n’est pas pour rien que au fur et à mesure que le Christ répétait la question Pierre devenait de plus en plus touché au plus intime de lui-même. Et la réponse qu’il donnait devenait pour lui-même quelque chose d’inconnu et de mystérieux. C’était pourtant une question réelle et familière sur la relation mais rempli d’un sens particulier, essentiel pour l’existence personnelle. D’une portée qui atteint ce que rien ne peut remplacer dans une relation durable : la vérité intérieure du consentement et de l’engagement. La question lui revenait comme un devoir qui s’impose à lui, quelque chose d’inconditionnel, que rien ne peut remplacer, comme une valeur éternelle, une obligation sacrée.

Le problème de notre relation avec Dieu est comme celui de son existence. Ce n’est pas d’abord théorique, mais existentiel, vital. Chaque homme arrive, à un moment donné de sa vie, à un point où il ne s’agit plus de la solution d’un problème théorique, mais de la mise en question de soi, d’une décision personnelle à prendre, d’un risque à assumer, d’un pas à faire. Car entre l’être fini et l’Absolu, il y a un abîme que seule la foi peut franchir. Et c’est à travers ce consentement que l’essentiel peut se produire : Dieu pour le croyant devient réel, le Christ pour lui devient réel, l’Église pour lui devient réelle, fondée par la volonté du Christ, manifestant l’action créatrice du Christ dans l’histoire.

Pierre en est là. Lui à qui le Christ dira « pais mes brebis » et signifiera aussi le genre de mort par laquelle il glorifiera le nom de Dieu : le témoignage du martyr qui est aussi le même destin que le maître qui lui parle. Et nous où en sommes-nous ? Que répondrons nous au Seigneur s’il vient nous dire m’aimes-tu ? Suis-moi !

Père Frédéric VIADENOU

Publié le 10 juin 2011.

20. Repères