Méditation du Samedi 9 Avril 2011

(Année liturgique 2010–2011 : A)
Première Lecture : Jérémie 11.18–20
Psaume : Psaume 7.2–3, 9–12
Évangile : Jean 7.40–53

Mes biens aimés dans le Seigneur,
Notre Dieu nous rappelle aujourd’hui dans la liturgie de la Parole que la persécution est liée à la mission du prophète, du chrétien. En effet, dans la 1ère lecture de ce jour, les persécutions de Jérémie sont un élément important de son prophétisme. D’une part elles sont l’occasion de plusieurs paroles de Dieu 11.22 et 12.5 ; mais surtout elles sont une partie indispensable de sa mission. Les prophètes n’ont pas été envoyés seulement pour faire des sermons : ils devaient faire croître la présence de l’Esprit en Israël. Un examen attentif du développement de la foi dans l’Ancien Testament montre que les faits (ou les hauts-faits) de Dieu et ses paroles sont souvent la réponse à des aspirations nouvelles qui se font jour parmi les siens. L’Esprit est à l’œuvre et il agit à travers une foule d’anonymes.
Face à un prophète, la persécution est la réaction normale de la foule, ou de la majorité, qu’il s’agisse des simples ou de leurs élites. Celui qui ne suit pas le mouvement général est un danger pour la paix et l’unité du groupe, et c’est le cas de Jérémie parce que Dieu lui a dévoilé la fausse tranquillité dans laquelle on vit autour de lui. On le verra mieux au chapitre 26 lorsque Jérémie, comme Jésus, est jugé par les autorités. Ici nous pouvons analyser les tenants et aboutissants de l’opposition et de la persécution qu’ont toujours rencontrées les prophètes et les personnes libres. Mais ensuite il y a le travail de Dieu : cette persécution et cet aveuglement collectif étaient nécessaires pour qu’apparaisse ensuite la force qui agit dans la faiblesse (2Co 12.9). Et c’est un fait que la personne de Jérémie lui a valu de la part de la postérité un respect et une affection que seule la personne de Jésus devait recouvrir de son ombre. Dans ce contexte, on comprend que, dans l’évangile, le Christ soit rejeté par les siens qui osent dire à Nicodème : « Toi aussi tu es Galiléen ? Regarde un peu, et tu verras que les prophètes n’arrivent pas de Galilée. ».
Frères et sœurs, le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Supplions le Maître de nous donner la joie de vivre des persécutions qui peuvent être de tous ordres : au marché, au service, dans la rue, à la maison, afin d’en recueillir les fruits. Amen.

In Christo,
Père Adelphe Tadagbé ADAMBADJI

Publié le 9 avril 2011.

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