(Luc, 6, 1-5)
Remarquons encore une fois combien Jésus est proche des hommes, de ses apôtres en particulier, partageant leurs joies et leurs peines. Après une longue marche qu’il leur a imposée, ils ont faim. Et Jésus les laisse froisser dans leurs mains des épis de blé. On devine chez lui un petit sourire devant cette « entorse au règlement ».
Nous devinons dans ce récit la simplicité, la familiarité qui existe entre Jésus et ses apôtres. C’est vrai que Jésus ne les ménage pas. A travers villes et villages où ils sont plus ou moins bien accueillis, la vie à la suite du Christ n’est pas de tout repos. Il leur demande parfois de se reposer un peu. Parfois, ils sont obligés de fuir devant l’attitude menaçante des pharisiens. Cependant ils sont près à donner leur vie pour leur Maître, enfin ! Ils lui font confiance.
Quelle est notre attitude avec Jésus, lui qui partage aussi notre vie quotidienne ? Il est bien présent en nous par le Baptême, l’Eucharistie, les sacrements. Nous lui avons fait confiance un jour. Comment partageons-nous notre vie avec lui.
Est-il vraiment présent dans nos journées, dans nos joies, nos peines, nos travaux, nos souffrances ?
Et s’il est présent, pourquoi ne voyons-nous pas son action, sa main qui nous guide et nous conduit, à travers nos difficultés de toutes sortes ?
Mais je me pose aussi une question par rapport à l’attachement des pharisiens à la loi, ou plutôt aux petits détails de la loi. Froisser des épis, est-ce un péché ?
Ne risquons-nous pas de tomber dans ce même défaut avec certaines prières, dévotions, neuvaines, qui nous prennent parfois du temps sur notre travail ou notre vie de famille, mais qui manifestent aussi une certaine superstition en croyant qu’avec tel nombre de notre Père ou d’invocation particulières, Dieu doit nous exaucer.
Il y a quelques jours, dans une concession proche de ma paroisse, des chants, des cris ont retentis dans de puissants haut parleurs pendant 4 nuits consécutives, jusqu’à 5 heures du matin. Malheur à ceux qui ont le sommeil léger ou qui sont malades dans le quartier !
Si le Curé d’Ars passait ses nuits en prières, il n’a jamais obligé ses paroissiens à l’imiter. Et pourtant, il a converti toute sa paroisse.
En relisant la vie de nos premiers missionnaires ou prêtres africains, remarquons leur simplicité dans une dévotion et une liturgie qui attirait les âmes et qui les transformait en profondeur.
« Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis… ». Habituons-nous à ne pas considérer ce qui est permis ou défendu, mais ce qui nous aide à aimer Dieu, à aimer nos frères, à grandir ensemble dans l’amour du Christ qui doit remplir chaque jour davantage notre cœur.
Père André Chauvin, SMA